30 juin 2001

Dans les nouvelles aujourd'hui:
L'équipe de foot nationale du Tibet va rencontrer le Groenland dans un match au sommet. La Chine proteste véhémentement!
Un scientifique prédit la disparition de la forêt amazonienne dans 40 à 50 ans. Ses pronostiques sont contestés, mais la plupart des chercheurs pensent quand même que la forêt amazonienne est bien entrain de disparaître.

29 juin 2001

L'entreprise sociale, l'entreprise citoyenne c'est une utopie fumeuse. Une entreprise est naturellement faite pour gagner de l'argent, vendre des produits ou des services, faire de l'argent est sa raison de vivre. Si une entreprise ne gagne plus d'argent, elle meure. C'est donc une question de survie. Pour survivre une entreprise fera absolument tout ce qui est nécessaire, à la limite de la légalité et même dans l'illégalité s'il y a une bonne chance de ne pas se faire prendre, quant à la simple honnêteté ce n'est même pas la peine d'y penser, si c'est pas interdit il faut le faire… pour survivre. Si une entreprise adopte une mesure sociale ou qui bénéficie à l'intérêt général c'est parce qu'on l'y oblige ou parce que ça l'arrange, qu'elle y gagne à plus ou moins long terme. Et encore, beaucoup d'entreprises n'adopteront pas de telles mesures par simple esprit de résistance au progrès, par idéologie dénuée de pragmatisme. Si un concurrent fait quelque chose, même d'illégal ou de simplement malhonnête ou contraire à la morale ou à l'éthique, alors les autres entreprises sont condamnées à adopter les mêmes pratiques pour survivre. Laisser faire les entreprises dans une anarchie libérale et vous les verrez qui naturellement exploiteront leurs employés jusqu'à l'esclavage si possible, qui utiliseront tous les moyens pour dégommer leurs concurrents, qui pollueront et exploiteront les ressources naturelles au delà de ce qui est soutenable, qui se moqueront du consommateur jusqu'à ce que ça affecte leurs ventes, qui utiliseront les moyens les plus malhonnêtes et immoraux pour arriver à leurs fins. Le gouvernement doit défendre l'intérêt général et les plus vulnérables de ses citoyens, en imposant et faisant respecter des lois pour réfréner l'ardeur des entreprises, pour imposer des règles du jeu. C'est indispensable et ça ne met pas en péril l'économie, ça l'assagie, la civilise et ça rend le monde plus vivable. Et au bout du compte ça permet que l'économie capitaliste de s'épanouir car, livrées à elles mêmes, les entreprises en arriveraient à se suicider… en essayant de survivre, paradoxalement. C'est pourquoi il faut absolument éloigner les entreprises du pouvoir politique et surtout ne pas leur permettre de le financer. D'abord parce qu'une entreprise est le contraire de la démocratie, vous n'élisez pas le patron de la banque ou de la multinationale. Ensuite parce que si le monde de l'entreprise tient en ses rets le monde politique, celui là imposera ses vues et ses intérêts à celui-ci, sans vergogne. Pourquoi croyez-vous que Bush Junior a envoyé promener le protocole de Kyoto et a autorisé les forages en Alaska, sinon parce qu'il doit son poste à ceux qui ont financé sa campagne, les grandes compagnies pétrolières américaines? La mondialisation, en internationalisant les entreprises, ne leur permet pas seulement d'étendre leurs marchés en imposant partout le même mode de vie, ne leur permet pas seulement de produire à bas prix dans les pays sous-développés les produits qu'elles vendront ailleurs avec une énorme plus-value, elle leur permet d'échapper aux lois d'un pays donné et d'imposer, intouchables, leurs règles du jeu funestes pour les faibles, la nature, l'intérêt général. D'où la nécessité d'imposer des lois mondiales, ou plus modestement une Europe sociale par exemple. Et c'est aux politiques, démocratiquement élus, sans aide des entreprises mondiales de les décider.

Pardon? Le Communisme c'est pire? Tout à fait d'accord, les "démocraties populaires" ont échouées en faisant des milliers de morts et en polluant au delà de toute réparation possible des contrées entières. Mais est-ce une raison pour tomber d'un excès dans l'autre?

NO LOGO

Il y a des soirs comme ça où on se demande si le monde n’est pas peuplé d’ordures et si la malhonnêteté, la sottise, l’erreur, le péché et la lésine ne règnent pas, pour ne pas parler de la sauvagerie et de la cruauté, du mal quoi. Heureusement qu’il y a Angélique IONATOS et MADRE DEUS à écouter, Jacques LACARRIERE à savourer, du vin rouge et du fromage, les photos des bébés de la famille à contempler, les nuages, les merveilleux nuages qui filent dans le ciel bleu, Harry Potter et J. M. G. LE CLEZIO.

28 juin 2001

Jacques LACARRIERE est un de mes auteurs favoris, j’allais écrire « culte » ! Et ce, depuis que j’ai lu pour la première fois « L’Eté Grec », le père de tous les livres de voyage (Terre Humaine, Poche), et que je l’ai relu au moins 6 fois, depuis que j’ai lu « Le Pays Sous L’Ecorce », depuis que j’ai découvert ses traductions flamboyantes de Sophocle, depuis que j’ai savouré « Chemins d’Ecritures » et « Le Bel Aujourd’hui ». Jacques LACARRIERE est cet amoureux de la Grèce et de la vie, ce jouisseur épicurien et « Cythérien » comme il aime à s’appeler (en rappelant l’adage " cythérien t’es pas grand chose " !), passionné par des milliers de choses, érudit, helléniste émérite, fasciné par le mysticisme, la nature, l’antiquité et la modernité. Un grand bonhomme, un honnête homme. Jacques LACARRIERE vient de faire paraître « Dictionnaire Amoureux de la Grèce ». C’est un enchantement. Même si vous ne vous intéressez pas spécialement à la Grèce, ce livre d’un passionné est universel et d’une grande profondeur de vue. (Lisez la critique du Monde).
Demain soir, 30 juin, aura lieu la dernière de Bouillon de Culture, l’émission de Bernard Pivot. Cette émission, sans doute la plus regardable de la télévision disparaît avec la retraite de son animateur. C’est une grande perte. Qui interrogera avec autant de talent les artistes et écrivains, désormais ? Qui invitera une heure entière J.M.G. LE CLEZIO ? Ne manquons donc pas cette dernière émission, d’autant que Bernard Pivot a invité un de mes personnages favoris, l’américain James LIPTON, dirigeant de l’Actor Studio et intervieweur de l’émission culte « Inside The Actor Studio » (en France sur Paris Première). James LIPTON est brillant, théâtral, intelligent, cultivé, civilisé. Certes, il passe pas mal de pommade à ses invités mais l’émission est absolument passionnante, profonde et instructive. Lisez l’article du Monde qui lui est consacré pour faire connaissance avec ce personnage.

27 juin 2001

Hommage: John Lee Hooker, le grand bluesman est mort le 21 juin, le jour de la Fête de la Musique en France. De tous les guitaristes de blues il était sûrement le plus connu. Son type de musique, le boogie-blues, ultra simple et lancinant était l'un des plus étonant qui soit, du genre qui vous prend aux tripes. Il nous reste ses disques, heureusement nombreux.

"One night I was layin' down,
I heard mama 'n papa talkin'
I heard papa tell mama, let that boy boogie-woogie,
it's in him, and it got to come out
And I felt so good,
went on boogie'n just the same."

John Lee Hooker


22 juin 2001

Des araignées géantes venimeuses sous le château de Windsor ! Un employé de British Telecom a découvert dans un sous sol du parc de Windsor, dont le château est la résidence secondaire de la reine d’Angleterre et situé à deux pas de la résidence la reine mère (101 ans, chère vielle lady !), des araignées géantes et très venimeuses qu’on croyaient disparues d’Angleterre depuis des siècles. Il s’avère qu’elles grouillent dans le sous-sol du parc de Windsor. Ces araignées rouges et noires peuvent aller jusqu’à 9 cm de long, ont de longues pattes poilues, des crocs assez puissants et grands pour mordre les humains, sont relativement agressives. Un entomologiste appelé sur les lieux a été enchanté de les trouver là ! Les araignées pourraient être déclarées espèces protégées vue leur rareté !
C’est avec plaisir et fierté que cette semaine je vous recommande « Cartographie du Merveilleux » d’André-François RUAUD (Folio SF n° 57). Bien sûr l’auteur est mon neveu. Mais en toute objectivité son livre est génial. Après une longue introduction très bien écrite et passionnante, A. F. RUAUD nous offre un catalogue des grandes œuvres de la « fantasy » et du réalisme magique. La « fantasy » est un genre en vogue dans le monde anglo-saxon : le genre exige des éléments de magie, un monde parallèle ou imaginaire, un enchantement du monde (à l’opposé du fantastique qui repose sur la terreur), des mythes, ou des racines dans le monde mythologique ou des contes populaires. Pour tous ceux qui ne connaissent comme moi de la « fantasy » que TOLKIEN et son « SEIGNEUR DES ANNEAUX », le livre d’André-François est une mine de lectures futures : je me suis déjà jeté avec fascination dans « THE EARTHSEA » la saga d’Ursula K. LE GUIN (en français « TERREMER »), chaudement recommandée par l’auteur. Rien de tel qu’une bonne introduction pour se lancer dans le monde de la « fantasy », et le livre d’André-François RUAUD est une excellente introduction. En plus, au prix où est ce livre vous ne vous ruinerez pas et ferez une bonne action ! En vente partout.
Pas beaucoup de temps et d’énergie pour ajouter quelque chose à cette page cette semaine, excusez-moi. Un emploi du temps un peu fou, et une grosse fatigue due à un voyage à Londres la semaine dernière.

10 juin 2001

Si vous avez deux minutes visitez cette page et appuyez sur les boutons, c’est bête mais c’est marrant ! (via ockham’s razor).

09 juin 2001

Hayao Miyazaki : ce nom ne vous dit rien ? C’est le réalisateur japonais de « Princesse Mononoké », cet extraordinaire long métrage animé. Mais aussi de « Mon Voisin Totoro », « Kiki Delivery Service » et « Porco Rosso », d’authentiques chef d’œuvres de dessins animés. Son nouveau film « Sen To Chihiro No Kamikakushi » (« Spirited Away ») sort le 19 juillet au Japon et en France vers le mois de Novembre. En attendant je vous conseille d’écouter en boucles les B.O. de « Princesse Mononoké » (Milan, BMG Ariola) et de « Mon Voisin Totoro » (LBS A99011-2), superbes œuvres de Joe Hisaishi, le musicien préféré de Miyazaki. Et de vous promener sur le magnifique fan-site du réalisateur, pour patienter.

08 juin 2001

Les travaillistes l’emportent en Grande Bretagne avec seulement 6 sièges de moins qu’en 1997. Avec 413 sièges sur 659 et 247 sièges de plus que les conservateurs le « New Labour » de Tony Blair n’a aucun souci à se faire. Le système électoral y est pour quelque chose : en effet en Grande Bretagne la règle est « the first to pass the post wins », le premier à passer le poteau a gagné. C’est un système électoral à la majorité simple uninominal à un tour. Dans chaque circonscription le candidat qui remporte le plus de voix a gagné, pas de deuxième tour, pas de proportionnelle. Le parti vainqueur ne remporte peut-être que 44% des voix mais ça suffit à lui assurer une énorme majorité. Ce mode de scrutin défavorise le troisième parti, le parti Libéral Démocrate qui fait cette année sont plus gros score : 52 sièges !

Parmi les gagnants le député travailliste Peter Mandelson : considéré comme l’âme damnée de Tony Blair, surnommé le « prince des ténèbres » par la presse, roi du « spin » (l’art d’influencer les média par tous les moyens) l’acteur principal de la victoire de 1997 et de la conversion du « Labour » socialiste en « New Labour » de centre-gauche , a eu un parcours chaotique au sein du gouvernement. Nommé éminence grise (ministre sans portefeuille) en 1997 il devient ministre du commerce en 1998, puis démissionne en 1999, à la suite d’un problème d’éthique financière. Réhabilité en 2000, il devient ministre chargé de l’Irlande du Nord… avant d’être de nouveau contraint à la démission à la suite de soupçons de trafic d’influence, dont il est peu de temps après blanchi ! Brouillé avec Tony Blair, il se représente en tant que simple député dans sa circonscription d’Hartlepool et est réélu brillamment. Flamboyant, d’une très grande classe, Peter Mandelson, que la presse disait finit, reviendra-t-il une nouvelle fois sur le devant de la scène ? C’est très probable.
Un de mes haïku est paru sur le site de Serge Tomé, vous le trouverez .

01 juin 2001

Un livre saisissant : "1999, UN JOURNAL PHOTOGRAPHIQUE" de Frank HORVAT chez Actes Sud/Arte. Le photographe Frank HORVAT a fait des photos tous les jours de 1999, un défi qu’il s’était lancé ; et pas des clichés ordinaires : bien que reflétant la vie quotidienne du photographe, ses voyages, sa famille, ses amis, aucun de ces clichés n’est neutre ni inintéressant, et tous sont esthétiquement parfaits. Certaines images évoquent le monde du reportage, d’autres sont plus posées, certaines comme un haïku. La démarche du photographe, voir, « d’un regard en éveil », ce qui l’entoure, être tout le temps attentif, et capter le moment, aboutit à une œuvre d’art passionnante, dans son ensemble, comme dans chaque photo indépendamment de l’autre. Indispensable et fascinant.
Les sports qui me passionnent : le cricket, le base-ball et le sumo !
Dernières nouvelles du sumo : le yokozuna (grand champion) Takanohana a gagné le tournoi d’été de Tokyo 13 victoires contre 2 défaites, et ce malgré une élongation au genou. Takanohana est un des rikishi les plus fascinant qui soit. Rapide, souple, adroit, puissant et rusé. Il ne se contente pas d’envoyer ses adversaires d’un coup de bide bien appliqué en dehors du cercle, non, il les jauge et utilise toutes les ressources de son art pour les battre. Il fait 1m 87 et 157 Kg, mais du muscle, un peu enrobé certes, mais une montagne, les jambes extrêmement puissantes. Il est imperturbable, dans la victoire comme dans la défaite, son visage de bébé joufflu n’exprime strictement rien. Juste la lueur dans ses yeux, un regard intelligent et fier. Il est capable de faire le grand écart et quand il élève sa jambe, dans l’espèce de danse qui précède les combats, la plante de ses pieds fait face au ciel. Essayez d’en faire autant, il faut être extraordinairement souple et équilibré et Takanohana est un rikishi extraordinaire
Le Monde publie une série de reportages (à partir du 03/06 sur le site du Monde) de Bernard-Henri Lévy sur les guerres civiles qui déchirent certains pays du tiers monde : Angola, Soudan, Sri Lanka, Burundi, Colombie… Des guerres et des massacres très particuliers, qui ne font que rarement la hune des journaux d’occident, incroyablement cruelles et meurtrières, et surtout absurdes, sans aucun sens ni finalité. Les combattants ont oublié pourquoi ils se battaient, l’origine de leur combat, pourquoi ils mourraient, pourquoi ils massacraient, la guerre est devenue une manière de vivre et de gagner sa vie, la guerre s’alimente elle-même, les massacres et les génocides se font par routine. Certes, toute guerre est horrible et cruelle mais se battre contre Hitler avait un sens, se battre pour une idée, pour la liberté, pour défendre les siens ou son pays a un sens. Ces guerres modernes qui affectent de plus des pays où la population est déjà très pauvre n’ont plus aucun sens pour personne, y compris pour ceux qui combattent et qui meurent et pour les civils qui souffrent et qui périssent. Ils s’étripent pour rien sinon pour jeter leur sang à la face du monde, qui s’en moque.
Article du "Guardian" (en anglais) par Julian Borger: Un juge de Corpus Christi (Texas) a ordonné aux délinquants sexuels en liberté provisoire de sa ville d'apposer un panneau sur la porte de l'endroit où ils vivent et un autocollant sur leur voiture pour prévenir les gens de leur nature.
Depuis 1976, 245 condamnés ont été exécutés au Texas, 152 alors que Georges W. Bush était gouverneur. Le Texas n'a pas d'institution d'aide juridique et exécute des handicapés mentaux. Il y a 78 prisonniers pour 10 000 habitants. Les afro-américains y constituent 12% de la population mais 41% de la population carcérale.