28 juillet 2001

>> Un météore visible dans le nord des Etats Unis et au Canada a été observé Lundi dernier. Ce phénomène, bien que pas si rare que ça (presque tous les jours des objets plus ou moins gros tombent de l'espace et se désintègrent plus ou moins dans l'atmosphère, dans des zones généralement inhabitées) est très rarement observé.

27 juillet 2001

>> Si vous n'avez pas encore vu "Warriors, l'impossible mission", courez l'acheter ou le louer en vidéo. Ce téléfilm de trois heures passé sur Arte il y a six mois est une des choses qui m'ont marqué cette année. On ne sort pas de "Warriors" intact. Ce téléfilm britannique reconstitue la mission des casques bleus britanniques à Vitez en Bosnie en 1992. La Bosnie en 1992 est à feu et à sang, massacres, exactions, pillages et épuration ethnique. L'horreur au quotidien. Les casques bleus sont totalement impuissants à éviter les massacres et à sauver les populations, il assistent bloqués par les ordres de l'ONU au drame bosniaque. Et ne tardent pas à sympathiser avec les victimes. Humiliations, impuissance, horreur… même la mort de l'un des leurs, victime d'un sniper. Le téléfilm est basé sur des dizaines de témoignages, c'est du cinéma vérité, la caméra reste près de ces sujets: cinq jeunes soldats tous originaires de Liverpool. On les voit avant, pendant et après leur mission, et l'après est terrible car aucun d'entre eux ne rentre intact, tous sont marqués, traumatisés parce qu'ils viennent de voir. C'est un téléfilm de très grande qualité, poignant, la réalisation est excellente et les acteurs tous très bons. Tourné en Slovénie avec des figurants du cru. A voir absolument pour comprendre ou essayer de comprendre le conflit de l'ex Yougoslavie.
Lire le dossier excellent de Télérama.
>> Pour ceux qui croient encore que le Kouign A Man est fait avec du beurre, du beurre, de la farine, du beurre et une pelle à béton, cet article du Monde fait le tour de la question (essaye), article moins lourd que son sujet!
>> Google Image Search a rajouté 100 millions d'images à sa database, c'est extraordinaire! Essayez de faire "tgv" pour voir.
>> Orages ce soir, après l'orage, plutôt corsé, le ciel est paré de couleurs incroyables: rouge vif, mauve, violet, bleu profond dans les trous, orange, rose, gris, noir et de tous les tons entre le rouge vif et le gris rouge, et des éclairs au loin, incroyable!
>> Quelques liens, en vrac:

> Magnifique montage de photos d'une tempête planétaire sur Mars sur APOD, ou comment une planête entière est couverte de poussière.

> Bientôt les femmes pourront ne plus être ennuyées par leurs règles, encore une victoire de l'homme sur la nature?

A new drug being developed would eliminate menstruation altogether, while still allowing women to get pregnant. Another drug would eliminate both periods and pregnancy.

If the drugs, called progestin antagonists, are also successful in humans, they could treat women with the painful symptoms of endometriosis, a build-up of too much uterine lining that affects more than 5 million women in the United States. Women who have painful cramps or other problems with menstruation might also be candidates for the drug.


via plasticbag (plasticbag.org).

20 juillet 2001

>> Pour ceux qui lisent l'anglais il faut absolument aller lire cette discussion sur MetaFilter. Hilarant, malin, intelligent… Le sujet est "comment reconnaître un touriste américain en Europe?" (via dangerousmeta).
>> Malgré tous mes efforts, cette page a un look minable sur Netscape. De grâce, utilisez MSIE 5... Je sais,... l'empire de Redmond et tout ça... mais bon!

19 juillet 2001

PACO IGNACIO TAIBO II
>> Paco Ignacio Taibo II est un auteur mexicain prolifique et talentueux. Francisco Ignacio Taibo Mahojo est né en 1949 à Gijon en Espagne. Famille de gauche, le grand père a fait la guerre civile espagnole, coté républicain, le père, écrivain et journaliste, partira de l'Espagne franquiste avec sa famille en 1958 pour s'installer au Mexique. Paco, son fils, deviendra journaliste et militant politique, militant syndical et professeur à la faculté d'Histoire et d'Anthropologie de Mexico, grand auteur aussi, extrêmement prolifique: plus de 50 titres publiés au Mexique, des romans, des nouvelles, des essais, des contes, des essais d'Histoire. Il est surtout connu en France pour ses romans policiers noirs.
Les livres de Paco Ignacio Taibo II sont la plupart du temps des romans policiers décalés, l'auteur a le sens des rapprochements osés, des formules percutantes, des intrigues complexes, des personnages étranges. La ville de Mexico y est un personnage à part entière, les luttes politiques et syndicales toujours présentes, la dénonciation des scandales et de la corruption un des thèmes de prédilection. Son style est toujours alerte, enlevé, percutant. Il est rare de pouvoir dire d'un auteur que tout est bon, rien à jeter, Paco Ignacio Taibo II est un de ces auteurs là…
Jetez vous sur ses livres (tous en poche):
> "Le Rendez-vous des héros" (Rivages poche).
> "Cosa Facil" (Rivages/Noir).
> "Sentant que le champ de bataille…" (Babel).
> "A Quatre mains" (Rivages/Noir).
> "De Passage" (Métailié).
> "Ombre de l'ombre" (Rivages/Noir).
> "Jours de combat" (Rivages/Noir).
> "Même ville sous la pluie" (Rivages/Noir).
> "Pas de fin heureuse" (Rivages/Noir).
> "Quelques Nuages" (Rivages/Noir).
> "La vie même" (Rivages/Noir).
> "La bicyclette de Léonard" (Rivages/Noir).
Et enfin sa biographie de Che Guevara: "Ernesto Guevara connu aussi comme le CHE" (Métailié).
CROSS CHANNEL
>> En Angleterre, Lord Archer, pair du royaume, ancien favori de Margaret Thatcher, ancien député et ancien président adjoint du parti conservateur, candidat à la mairie de Londres et écrivain de nombreux thrillers best-sellers a été condamné aujourd'hui à quatre ans de prison pour parjure et entrave au cour de la justice. En 1986 il avait intenté un procès en diffamation contre le tabloïd "Daily Star" qui avait révélé que le député avait couché avec une prostituée. Pendant le procès il avait fourni le témoignage d'un ami qui lui donnait un alibi et des pages d'agenda qui prouvait que le jour où le "Daily Star" le disait dans les bras d'une femme de petite vertu, il était en fait occupé ailleurs. Le "Daily Star" fut condamné a lui payer £500 000 (5 millions de francs) de dommages et intérêts. En 1999, lors de la campagne pour l'élection du maire de Londres, l'ami qui avait fourni l'alibi se rétracta soudain et révéla à un autre tabloïd le "News Of The World", son faux témoignage ainsi que la falsification de l'agenda produit durant le procès. C'est cette affaire qui conduit aujourd'hui Lord Archer à la prison de Belmarsh.
Lord Archer était de ces tory flamboyants et arrogants arrivés au pouvoir dans l'ombre de Mme Thatcher, député à 29 ans il est forcé de démissionner pour une affaire trouble, pour se refaire il écrit des thrillers qui se vendent comme des petits pains dans le monde entier. Il revient sur le devant de la scène, richissime grâce à ses livres, et se voit accorder un pairage (un anoblissement le qualifiant pour siéger à la chambre des Lords) en 1994. Il était favori pour le poste de maire de Londres quand éclata l'affaire.

Sources (en anglais):
Portrait de Lord Archer.
BBC et The Guardian

18 juillet 2001

>> J'ai fait une nouvelle présentation à "Douze Lunes", est-ce qu'elle vous plaît? Je fait mes premiers pas en web-design en modifiant petit à petit le modèle de base fourni par Blogger. J'apprends un peu de HTML par la même occasion, c'est amusant et pas très difficile. Néanmoins j'ai eu un choc en ouvrant "Douze Lunes" avec Netscape Navigator: ça n'avait rien à voir avec ce que je voyais avec MSIE 5. J'ai fait quelques modifications, mais il y a des choses que je ne comprends tout de même pas, pourquoi le titre "Douze Lunes" apparaît en majuscule sur MSIE et en minuscule sur Netscape, par exemple, alors que la commande HTML précise bien que c'est en majuscule. Le problème vient du fait que les deux navigateurs ne lisent pas le code de la même façon et que certaines commandes fonctionnent chez l'un et pas chez l'autre.
D'une manière générale j'aime beaucoup plus MSIE 5 qui, à mon sens est beaucoup plus avancé que Navigator, pratique et plus fonctionnel surtout pour surfer hors-ligne.
Je me demande ce que ma page donne avec d'autres navigateurs, en particulier celui d'AOL? Quelqu'un pourrait il m'envoyer une image?

17 juillet 2001

Magnifique photo de nébuleuse sur Astronomy Picture Of the Day (APOD).
VIGNETTES
Ce soir métro Madeleine:
Sur le quai à ma gauche un type qui manipule un Palm Pilot (ces petites machines me font très envie), à ma droite un chinois qui lit un journal en chinois (j'adore les idéogrammes). Sur le quai en face, seul sous une affiche du "Printemps", un clochard, alcoolisé, soliloque bruyamment, il est question d'une certaine Suzy qui, selon le clochard, est une salope (ça ne rime même pas).
Quand le métro arrive un type se précipite et s'arrête devant la porte, bloquant tout le monde, la foule derrière lui s'anime un peu, il explique qu'il ne monte pas tout de suite (il veut dire qu'il veut monter le dernier) car il descend à la prochaine. On le bouscule sans ménagement!
Métro bondé, deux types, un jeune et un vieux restent cependant sur leurs strapontins, manifestant un bel esprit de résistance et d'envie d'emmerder le monde.
Miraculeusement, à St Lazare je trouve une place assise juste devant moi. A coté de moi une dame d'aspect bourgeois lit un opuscule sur "La Situation Préoccupante Des Jeunes Prêtres"; en face d'elle une femme lit "Elle" en couverture duquel s'affiche Loana nue; mon chinois de tout à l'heure est en face de moi et lit toujours son dazibao; sur les sièges de l'autre coté un couple d'allure tamoule bavarde dans une langue liquide.
En français nous avons rue, route, avenue, boulevard, allée, impasse, villa, cours, quai, place, chemin, venelle, passage, mais en anglais il y a profusion de termes pour désigner une rue: street, avenue, road, walk, crescent, lane, mews, drive, terrace, gardens, row, embankment, place, circus, plaza, way, path, square, grove, greens, gate, villas, alley, arcade, bend, circle, court, fork, passage, rise, wharf, yard. Comme les esquimaux qui ont, dit-on mais il paraît que c'est une légende, plein de mots pour désigner la neige. Que peut on en déduire des anglais?

16 juillet 2001

Envoyés par mon frère Sylvain, ces noms de villages pittoresques:
1) poétiques: MIREFLEURS (village situé au sud-est de CLERMONT FERRAND) 2) scato: SAINT MERD (au NE d'USSEL). 3) rustiques: ECHANDELYS (Puy de Dôme) CHAMBROUTET (Dx Sèvres) CHAMPILLET (Cher) VAU EN PRE (Saône et Loire) PRE EN PAIL (Mayenne) 4) poétiques: EVOLENE (Valais - Suisse) FONCHES-FONCHETTE (Somme) CLAIRVIVRE (Dordogne) 5) on compte: AHUN (Creuse) DEULCHAISES (Allier) TROIS-MOUTIERS (Vienne) QUATRE CHEMINS (Vendée) CINQ MARS (Indre et Loire) SIX FOURS (Var) SEPTMONCEL (Jura) OCTEVILLE (Seine Mme) NEUFVILLES (Hainaut - Belgique) DIXMUDE (Flandre -Belgique) ONZAIN (Loir et Cher) DOUZILLY (Indre et Loire) TREIZE-VENTS (Vendée).
Samedi soir, la Tour Eiffel a éteint provisoirement son scintillement pour un an et demi. On s'était habitué à la voir comme ça, le scintillement va nous manquer, bien qu'en bon parisien on feignait de n'y plus prêter attention. Ce très bon article retrace l'histoire de la Tour. Quand vous visitez la Tour Eiffel vous pouvez voir au sommet l'appartement de Gustave Eiffel. L'ingénieur s'était fait aménager une petite garçonnière juste en haut de sa tour. Quel plaisir ce devait être de rêver la nuit là haut, à la pointe de cet extraordinaire édifice… Roland BARTHES a consacré un petit texte en 1964 à la fascination qu'exerce sur le monde entier cette tour de fer, sa conclusion?:

"Regard, objet, symbole, La Tour est tout ce que l'homme met en elle, et ce tout est infini. Spectacle regardé et regardant, édifice inutile et irremplaçable, monde familier et symbole héroïque, témoin d'un siècle et monument toujours neuf, objet inimitable et sans cesse reproduit, elle est le signe pur, ouvert à tous les temps, à toutes les images et à tous les sens, la métaphore sans frein; à travers la Tour, les hommes exercent cette grande fonction de l'imaginaire, qui est leur liberté, puisque aucune histoire, si sombre soit-elle, n'a jamais pu leur enlever."

Voir aussi le Palais Garnier.

15 juillet 2001

Gil JOUANARD:

"Cette expression de carnet de bord, qui définit au plus juste la nature des écrits par lesquels je m’efforce de mieux respirer le temps qui passe, désigne bien en effet la position de " tout moi " à l’instant où j’écris : à ces heures de pointe de mon existence, je me tiens juste au bord, sur le tranchant de moi-même. Car c’est là, sur le fil de son avancée ultime, que l’attention trouve la meilleure occurrence pour prendre son vol. Ainsi mon carnet de bord ne s’étend-il à perte de vue dans mon dos et sous mes pieds que pour, brusquement, faire face au " gain de vue ", au grand ouvert, qui peut être suffocant ou éblouissant. Je me tiens à la latitude et à la longitude de son à-pic, surplombant ce trop-plein qu’aussi bien on appelle le vide. Et alors, je laisse venir ce qui vient. Ne prenant pas plus au sérieux l’écriture que je ne saurais la négliger. Le combustible auquel je me réchauffe et me reconstitue, ce sont les mots qui s’articulent sans bruit dans la chambre d’échos qui s’ouvre à moi juste au bord du carnet."

Gil Jouanard, "Le Jour et l'Heure". Editions Verdier
Chanteuses de Jazz… En quatre jours de réclusion volontaire due à une bronchite (ça va mieux, merci), j'ai écouté et réécouté quelques unes de mes chanteuses de Jazz préférées: Dee Dee Bridgewater ("Love and Peace" et "Dear Ella"), Sarah Vaughan ("Swingin' Easy"), Anita O'Day ("All The Sad Young Men"), Ella Fitzgerald ("Cole Porter Songbook" et "Johnny Mercer Songbook"), Diana Krall ("Love Scenes" et "All For You"), Abbey Lincoln ("You Gotta Pay The Band"), Lisa Ekdahl ("When Did You Leave Heaven") et enfin, la plus grande de toutes, Miss Billie Holiday ("Love Songs").
Après deux jours de brumes et de pluies, l'air ce matin est pur comme un matin d'hiver. De chez moi on voit les collines de Montmorency et les tours de la Défense, si près qu'on croit pouvoir les toucher. L'air est d'un blanc lumineux et les nuages s'effilochent comme un mauvais rêve. Les pans de bleu qui rayent le ciel sont très clairs, presque turquoises. Le blanc des maisons et des immeubles est presque aveuglant. Dans la rue, de petits enfants noirs vêtus de pulls multicolores patouillent dans ce qui reste des pluies d'hier.
A Paris ce matin du 15 juillet.
VIVRE A PARIS
En trois semaines j'ai été brièvement dans les villes suivantes, dans l'ordre: Chalon sur Saône, Rennes, Bordeaux, Lyon, Marseille, Avignon, Toulon, Strasbourg, Mulhouse, Dijon. Il me manque le nord, la Normandie, le centre et l'extrême sud-ouest. Plus que jamais ma conviction est inébranlable: je ne suis nulle part aussi bien qu'à Paris! Certes, comme j'ai fait tous ces voyages en train, quand je ne dormais pas j'ai pu observer de très beaux paysages. J'ai adoré la Provence comme toujours, la vallée du Doubs m'a fait frissonner, la Bourgogne et le Morvan m'ont donné envie de m'y promener. Mais rien ne m'est aussi cher que la vision du Sacré Cœur juché sur sa colline, que le canal St Martin, que le soleil qui se couche sur la Place de la Concorde, que les quais de Seine, que l'Ile St Louis, que le parc des Buttes Chaumont… Néanmoins sortir de Paris est souhaitable de temps à autres, ne serait-ce que pour le plaisir d'y revenir et de me rendre de nouveau compte que, malgré la pollution, la saleté et la foule, Paris est ma ville, là où j'ai, depuis ma première visite, voulu habiter, là où je me sens le plus chez moi. J'aime beaucoup Londres, New York ou Amsterdam, ce sont des villes où j'aime retourner, où j'aime me balader, que j'aime visiter, où je pense que je pourrais vivre. Mais j'y suis un étranger, quoi que j'y fasse. Paris est mon port d'attache. Oui je suis heureux de vivre à Paris et hormis quelques courtes escapades n'ai aucune envie d'en partir.
Voici donc un petit livre qui célèbre le bonheur de vivre à Paris: il s'appelle "365 BONHEURS PARISIENS", les auteurs sont Françoise BESSE et Jérôme GODEAU, éditions Parigramme. Un petit texte par jour de l'année pour célébrer la grande ville, c'est une idée intéressante. J'aime ce genre de concept. Chaque texte raconte une histoire, décrit une scène ou un lieu parisien sur le mode jubilatoire: à chaque jour son émerveillement de vivre à Paris. Les auteurs n'ont pas suivis les itinéraires touristiques, mais leur caprice et l'amour de leur ville. Et ça donne de belles choses comme:

"Après chaque absence tu retrouves la ville, l'ossature de son visage, familier et si nécessaire que tu ne pourrais même pas imaginer qu'un jour, il puisse cesser de t'accompagner."

Tout est dit.

12 juillet 2001

Le britannique Richard Barbrook, membre de l'Hypermédia Research Centre de l'université de Westminster, a élaboré la théorie de l'économie du "don high-tech" qui trouve son application dans l'Internet. Selon lui:

" Bien qu'il ait été développé par les militaires américains, Internet s'est propagé sur le principe du don et de la collaboration, avec comme modèle la diffusion des recherches universitaires. Le libre échange de l'information est ancré dans les technologies et les usages sociaux du cyberespace."

" Les néo-libéraux pensent qu'Internet est un marché où l'information peut s'acheter et se vendre. L'ironie, c'est que rien de tout cela n'arrive sur Internet. Bien sûr qu'on peut utiliser l'Internet pour gagner de l'argent, mais sûrement pas en achetant et en vendant de l'information. Sur Internet, l'information est donnée, et les gens veulent donner leur information : il suffit de regarder les listes de diffusions, le nombre de JPEG, de MP3, de mails qu'on reçoit par jour."

Je suis fasciné, en effet, de voir combien de choses sont mises sur Internet gratuitement, avec pour seule motivation l'envie de partager des connaissances et des intérêts. Le phénomène des "weblogs" par exemple, le MP3, les images. Des gens passent un temps considérable à surfer pour les autres, à écrire, à prendre et publier leurs photos, etc..., et ce, sans aucune rémunération ni recherche de la célébrité, et parfois des choses extrêmement sérieuses et de très bon niveau sont publiées en tout bénévolat! C'est ce qui fait tout l'intérêt que je trouve au web. Et certainement pas l'Internet commercial, qui tangue dangereusement d'ailleurs: je suis un gros surfeur et pourtant je n'ai acheté qu'une seule fois quelque chose, sur Amazon. Je ne sais pas s'il y a un avenir pour l'Internet marchand, mais il y en a sûrement un pour le "don high-tech". Comme le dit Richard Barbrook:

"L'intérêt des utilisateurs du Net garantit que l'économie du don high-tech continuera d'être florissante. Ils collaborent entre eux sans la médiation directe de l'argent ou de la politique."

Lire l'article du Monde: "Génération Cyberpunk" et l'interview de Richard Barbrook.
Vous avez sans doute noté les changements de polices et de couleurs de police sur "Douze Lunes" ces derniers temps , excusez, mais je cherche quelle présentation me plaît le mieux. Je pense que la présentation actuelle est définitive cependant. Est-ce qu'elle vous convient?

07 juillet 2001

Il ne fait décidément pas bon d'être stagiaire à Washington. Après Monica Lewinski, l'affaire qui agite la capitale américaine en ce moment est la mystérieuse disparition de Chandra Levy et sa relation avec le député à la chambre des représentants Gary Condit.
Chandra Levy est une jeune femme californienne de 24 ans, passionnée de politique qui rêve de faire une carrière à un poste important dans une administration fédérale de type FBI. Elle arrive à Washington en Septembre 2000 et devient stagiaire au Bureau Fédéral des Prisons. Elle rencontre son député, le "congressman" Gary Condit. Celui-ci, mariés, deux enfants, est assez narcissique, on lui soupçonne des relations féminines illégitimes, il vit seul à Washington, sa femme restant en Californie. A plusieurs reprises Chandra dévoile sa relation plus qu'amicale avec le député, à sa famille, dans ses e-mails, à ses amis, tout en s'efforçant de la voiler de mystère. Le 1er mai, alors que son stage est terminé et qu'elle s'apprête à retourner en Californie, Chandra Lévy sort de chez elle les mains vides et disparaît. Tous les efforts de la police et de sa famille pour la retrouver sont restés vains à ce jour. Très vite les regards se tournent vers Gary Condit. La famille de Chandra dévoile publiquement ce qu'elle sait sur les relations du député avec Chandra. Condit dément, déclare que seule une profonde amitié le liait à la disparue et, qu'évidemment, il n'est pour rien dans sa disparition. Mais les média s'emparent de l'affaire. Les soupçons et les révélations fusent. Le député est interrogé par la police à deux reprises. Les avocats entrent en scène: curieusement ils ont tous déjà été impliqués dans l'affaire Lewinski! On apprend que Levy aurait appelé Condit de nombreuses fois sur son téléphone GSM juste avant sa disparition, que Condit aurait rompu avec elle deux jours avant le 1er mai fatidique. Les tabloïds se déchaînent, on trouve une ancienne maîtresse du député qui révèle que celui-ci lui aurait demandé, via ses avocats, de mentir sur leurs relations. Pour l'instant le mystère demeure, le député n'est pas soupçonné officiellement, la presse entretient le feu en distillant chaque jour de nouvelles petites révélations, outre la police de Washington, le FBI, les journalistes d'enquête, les avocats de la famille de la disparue ont engagés des détectives privés pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Sources (en anglais):
Slate: résumé et chronologie de l'affaire
Article de Joshua Michah Marshall dans le San Francisco Gate.

03 juillet 2001

Jim Morrison, chanteur des Doors, a tiré sa révérence il y a trente ans aujourd'hui. Ca nous rajeunis pas! Sa tombe est à Paris, au cimetière du Père-Lachaise.

" People are strange when you're a stranger
Faces look ugly when you're alone
Women seems wicked when you're unwanted,
Streets are uneven when you're down.
When you're strange, faces come out of the rain
When you're strange, no one remembers your name,
When you're strange… "

Jim Morrison

01 juillet 2001

Un article très intéressant (en anglais) sur les démêlés du Brésil avec l'OMC et les grandes industries pharmaceutiques américaines. Le Brésil a décidé de produire des médicaments génériques contre le SIDA pour soigner sa population à un coût supportable par ces gens très pauvres. L'OMC a porté plainte contre le Brésil pour non respect des brevets protégeant les médicaments des entreprises pharmaceutiques en question. Un compromis a été trouvé sous la pression des organisations non gouvernementales et le souci d'image des entreprises en question, mais des restrictions restent imposées. Le fait de produire des médicaments à un prix moindre menace les profits des entreprises pharmaceutiques, mais il faut aussi reconnaître que celles ci engagent de gros frais dans la recherche. Néanmoins quand une population très pauvre ne peut se payer des médicaments essentiels à sa survie à cause de leur prix ne faudrait il pas faire une exception. D'autre part, le fait de laisser toute la recherche aux compagnies privées est lourd de conséquences, l'article montre que:
" si le profit plus que le besoin, est la motivation des recherches médicales, alors des maladies comme la malaria ou la bilharziose, qui affectent les pauvres, vivants sous les tropiques, seront constamment négligées. A la place, l'industrie pharmaceutique continuera à mettre toutes ses ressources dans le développement de médicaments contre des affections moins urgentes comme la migraine ou l'impuissance, qui servent à de plus riches clients. La survie du secteur public est essentielle pour assurer la recherche sur des médicaments moins profitables, qui sont cruciaux pour le bien être de groupes marginalisés."
Encore une démonstration de mes propos de vendredi.
Si vous partez en vacance en ce mois de juillet, (et si vous restez d'ailleurs), voici quelques livres à lire pour s'évader intelligemment, tous en collection de poche:

MICROCOSMES (Claudio MAGRIS), folio: promenade amoureuse dans l' Europe centrale du sud, un récit à part du grand auteur de Trieste. Passionnant.
L'USAGE DU MONDE (Nicolas BOUVIER), PBP voyageurs: le récit d'un voyage entre Genève et l'Afghanistan en 1954. Un grand classique de la littérature voyageuse. Un bonheur de lecture.
CHRONIQUE JAPONAISE (Nicolas BOUVIER), PBP voyageurs: le Japon vu de l'intérieur par un européen sans idées préconçues. Un très bon livre.
LE CHANT DE LA RIVIERE (Barry LOPEZ), PBP voyageurs: Un grand récit par le fameux naturaliste-écrivain américain, envoûtant, essentiel.
UNE ANNEE A LA CAMPAGNE (Sue HUBBEL), folio: La dame aux abeilles, une année dans les monts Ozarks du Missouri, un grand classique de la littérature naturaliste.
PELERINAGE A TINKER CREEK (Annie DILLARD) 10/18: une sorte de "WALDEN" moderne, pour les amoureux de la nature et des grands espaces, un de mes livres favoris.
Le guitariste Chet Atkins est mort à 77 ans. Je n'étais pas un fan, mais Chet Atkins c'est une partie de ma jeunesse. C'était le mentor de Marcel Dadi, celui qui a introduit le "picking" en France dans les années 70. (Marcel Dadi, mort lui même dans l'accident du vol TWA 800, New York – Paris en 96). Donc, à la fin des années 70 on a découvert Dadi et le "picking", une technique de guitare particulière, inventée par Chet Atkins, on distinguait, le "finger picking" qui se jouait avec les doigts, la paume de la main posée sur le chevalet et le pouce battant la mesure inexorablement sur les cordes de basse, (poum, poum), idéal pour le folk américain, et le "flat picking" qui se jouait à toute vitesse avec un médiator se promenant sur les cordes, idéal pour le "bluegrass". Dadi avait introduit les tablatures, sortes de partitions pour les gens qui ne connaissaient rien à la musique et vendait les tablatures de ses morceaux avec ses disques. Toute une époque! Je jouais de la guitare en ce temps là, et je me revois m'échinant à déchiffrer "Le Derviche Tourneur" (un grand succès de Dadi et son morceau le plus accessible) sur tablatures avec les copains! Le maître absolu de Dadi était Chet Atkins. On ne trouvait pas ses disques en France, sauf en import, mais le succès de Dadi fit que les disques d'Atkins furent commercialisés chez nous. C'était malheureusement souvent de la "musak" d'ascenseur! Mais il reste qu'Atkins était un virtuose dans son genre. Dadi fit un disque en duo avec son maître, Mark Knoppfler dans sa période post "Dire Straits", aussi. Chet Atkins était une gloire de Nashville, il a enregistré plus de 75 disques et en a vendu 75 millions.