31 janvier 2002

>> sites que j'aime: --John Scalzi est revenu! Youpi! Après un mois de hiatus utilisé à changer d'hébergeur et à rénover son site, mon chroniqueur préféré revient avec son "Whatever". Quel talent!
John Scalzi's Whatever Column
>> observations: --Il va falloir faire un choix: soit les prisonniers de Guantanamo sont des prisonniers de guerre, et en tant que tel leur sort est régi par la Convention de Genève, soit ce sont des prisonniers de droit commun. Je ne vois pas d'entre deux. Pour l'instant ils ne sont rien qu'une mauvaise opération de relation publique pour l'administration américaine et pain béni pour les antiaméricains déclarés ou plus hypocrites. S'ils sont des prisonniers de guerre la Convention de Genève est assez simple: le seul interrogatoire possible c'est de leur demander leur nom, leur grade et leur matricule et dès que les hostilités sont finies il faut les libérer. S'ils sont des prisonniers de droit commun ils ont droit à un avocat et à savoir ce qu'on leur reproche exactement, on peut les interroger et ils ont le droit de ne pas répondre, enfin on doit dire devant quelle Cour de justice ils vont être jugés. La chose se complique un peu car il semble que parmi eux se trouvent plusieurs ressortissants de pays étrangers dont la France. Il y a fort à parier que ces prisonniers sont des membres d'Al Kaida et des dirigeants Taliban, encore que l'administration américaine ferait bien de rendre public leur nom, leur nationalité et les raisons de leur présence à "Camp Xray". Si de fait ce sont des membres d'Al Kaïda ou des dirigeants Taliban ce sont des terroristes internationaux et, vu leur potentiel et leurs crimes, les remettre en liberté sans autre forme et selon la Convention de Genève serait totalement inconsidéré. Ce sont des prisonniers de droit commun et ils doivent donc être traités comme tel. Toute personne humaine a des droits. Quand à les extrader vers leurs pays d'origine ce serait un peu fort, même s'ils ne sont pas des citoyens américains leurs actions visaient à tuer des américains, et ceux ci sont parfaitement en droit de les juger aux États Unis. Il est amusant (ou irritant c'est selon) de voir quelles critiques pleuvent sur l'administration américaine parce qu'elle détient dans une situation certes précaire et qui mérite d'être éclaircie, quelques terroristes auteurs ou complices d'une des attaques terroriste les plus meurtrière de l'Histoire, et l'absence presque totale de mention des centaines de prisonniers politiques de l'autre coté des barbelés de Guantanamo, Cuba.
Los Angeles Times: Fewer Detainees Will Be Held at Cuba Camp

30 janvier 2002

>> pointeurs:
(ces pages ont retenu mon attention pourquoi pas la vôtre)
[trop enrhumé, ce soir: juste des liens]
- Questions - réponses : les virus et autres codes malicieux
sur les virus (Le Journal du Net) [français]
- Global alert over faulty plane parts
des pièces suspectes, fabriquées en Italie, seraient à l'origine de plusieurs accidents d'avion dont celui d'AA sur le Queens, récement. (BBC) [anglais]
- The XP Verdict
premier bilan de Windows XP (PC World) [anglais]
- Démocratie et pouvoir médiatique
(Le Monde) [français]

29 janvier 2002

>> pointeurs:
(ces pages ont retenu mon attention, pourquoi pas la vôtre)
- dossier spécial de l'Observer (London) sur l'islam et l'ouest (The Observer) [anglais]
- dossier de Courrier International sur le conflit israélo-palestinien (Courrier International) [français]
- que faire des prisonniers de Guantanamo (The Economist) [anglais]
- le point sur l'affaire Enron (The Economist) [anglais]
- Sexe, sang et scandales : le système bien huilé de "News of the World" (Le Monde) [français]
>> 11/9 --Un article du LA Times raconte la vie de Mohamed Atta, le supposé leader des attentats du 11 septembre. L'enquête est serrée et couvre trois continents, pourtant à travers les témoignages et le décryptage des faits et gestes du terroriste on a du mal à comprendre comment un tel jeune homme a pu comploter, prévoir et commettre un tel crime au mépris de sa vie. Peut-être, comme le recommande André Glucksmann, faut il se tourner vers Dostoïevski et son Stavroguine pour comprendre le nihilisme.
There is much about Atta we can't now know. But when a person moves through the world, he leaves a path that can be traced, however faint parts of it may be. Down in the Atta traces, the image that lingers is of a man who was far too small to accomplish the huge thing he did. This was a man too timid even to knock on a professor's open office door. There is something deeply unsatisfying about this. We want our monsters to be monstrous. We expect them to be somehow equal to their crimes. More than anything, we want them to be extraordinary, to allow us to think the horrible thing itself is unlikely to be repeated.

Los Angeles Times: A Perfect Soldier
>> De quelques irritations passagères:
Voici une liste de diverses choses qui m'irritent en ce moment.
- Le recours de plus en plus fréquent à la violence banalisée pour faire avancer des revendications. Par exemple les manifestations de paysans qui n'hésitent pas à saboter des voies de chemin de fer et à tout casser là où il passent, les chasseurs qui barrent les routes et couvrent d'œufs pourris les gens qui ne veulent pas prendre leurs tracts, jusqu'aux "démontages" de McDo, l'actualité est pleine d'exemples. La dérive est engagée vers une sorte de terrorisme "soft", banalisé.
- Le journal de 20h de TF1: je supporte de moins en moins l'information taillée pour le cœur de cible de la chaîne et le paternalisme des présentateurs. Les sujets de société sont rabâchés et faits pour plaire au bon peuple, voire carrément démagogiques. Cette volonté de déranger le moins possible et de plaire au plus grand nombre pour faire de l'audience au détriment de l'information, même si on sait que c'est le jeu, est de plus en plus pénible.
- La tradition française de n'accorder une écoute et des négociations que sous la pression de la rue. Equilibrée par la propension de toutes les corporations à faire grèves et manifestations d'abord et de négocier ensuite. Et ces rodomontades gouvernementales d'avant manif, selon lesquelles rien ne sera cédé, suivies de "compréhension" et subventions. Rien ne m'énerve autant que d'entendre un ministre soumis à la pression de la rue dire "les [mettre ici votre groupe social préféré] ont raison" après les avoir tancés la veille!
- La situation catastrophique de la ligne de bus 31 de la RATP. Pas assez de bus aux heures de pointe donc tassage et sardinage garanti jusqu'à la nausée. J'ai lu un tract de L.O. à ce sujet et je jure que si ils font une pétition je la signerai! Moi, signer une pétition de L.O.! Faut-il être excédé!

28 janvier 2002

>> haïku --Ayant décidé dans cette nouvelle version de Douze Lunes de moins parler de politique et de faits de société mais plus de culture, j'ai décidé de vous présenter une série de sites qui parlent ou présentent des haïku. J'ai déjà parlé dans Douze Lunes de ces brèves poésies contemplatives d'origine japonaise dont je suis passionné. Désormais le monde entier pratique le haïku. Sur Internet le haïku fleurit. Sites nombreux, en toutes langues, listes de diffusions… L'édition n'est pas en reste: en France les Editions Moundaren ont un catalogue de recueils de haïku étendu, et ce n'est rien à coté des pays anglo-saxons. À ce sujet, l'idée m'est venue que pour ceux qui voulaient apprendre ou se perfectionner à l'anglais, les haïku dans cette langue étaient un outil incomparable.
Le site de la semaine est "MUSHIMEGANE" une revue de haïku, tanka et littérature japonaise paraissant deux fois par an (en français). Le dernier numéro (15) est sur le web. On y trouve des études sur le phénomène mondial qu'est devenu le haïku, études agrémentés de nombreux exemples de haïku. Sur le site lui-même, on trouvera une histoire du haïku à travers 10 haïkistes classiques japonais dont mon cher Yosa Buson (1716 – 1783) et Masaoka Shiki (1867 – 1902) (pour moi les deux plus grands!). Un bon site pour découvrir le haïku, avec le "Temps Libre" de Serge Tomé et l'anthologie mondiale (en français) d'André Duhaime.
>> politique --Je lis un article intéressant du Monde par Ilan Greislammer, professeur de science politique à l'université Bar Ilan en Israël. Selon lui Sharon et Arafat sont discrédités, d'un autre âge, prisonniers de modes de pensée dépassés. La paix ne viendra que par leur remplacement par une nouvelle génération de politiciens israéliens et palestiniens. Il est vrai qu'on ne voit pas d'autre issue à ce cycle de violence attentats – représailles – attentats.

26 janvier 2002

>> image --J'aime bien cette illustration de Jorge Colombo.
>> séries -- En ce moment il y a deux séries nouvelles qui passent sur le câble, je les regarde depuis quelques épisodes et je crois qu'elles méritent votre attention. La première est "Six Feet Under", sur Jimmy le dimanche soir à 20h45. Cette série est un produit HBO ("Sex & The City", "The Sopranos", "Oz"…), donc, à priori, de la qualité. Le producteur est le scénariste d'"American Beauty". Une saison seulement est produite aux US mais une deuxième est en préparation, voire en tournage. La série a eu aussitôt un succès à la fois populaire et d'estime de l'autre coté de l'Atlantique et, récemment, des nominations et récompenses aux "Emi Awards". La série raconte les tribulations d'une famille de croques-mort à Los Angeles, de nos jours. Le père est mort d'un accident (dans le pilote) léguant à ses deux fils David (Michael C. Hall) et Nate (Peter Krause), le soin de continuer l'entreprise de pompes funèbres, la mère (Frances Conroy) essaie de faire son deuil et de reprendre le cours de sa vie plus tumultueuse qu'on ne le suppose de prime abord, la fille, Claire (Lauren Ambrose), se débat avec ses problèmes d'adolescence et sa vie au dessus du "magasin" de ses frères. Une grosse entreprise de pompes funèbres concurrente tente de s'emparer puis de couler l'entreprise des deux frères, extrêmement différents l'un de l'autre et qui se supportent à peine. Nate a une relation avec Brenda (Rachel Griffiths, formidable), étrange personnage, surdouée, issue d'une famille pathologique et qui a une relation trouble avec son frère psychopathe. David est gay mais ne veut pas que ça se sache et pour corser le tout il est aussi diacre à l'église locale. A chaque épisode il y a un mort (un client de l'entreprise de Nate et David) et une histoire tournant autour. Le tout pourrait être morbide mais pas du tout. Il y règne en fait une atmosphère assez drôle, comique même. C'est tout le miracle de cette série: traitement intéressant du thème de la mort, grave mais pas pathétique, distancié et pourtant chaleureux, épaisseur des personnages, excellents acteurs, scénario réservant surprises, détours, complications et renversements, espaces de comédie, mais aussi gravité et humanité, atmosphère, romanesque, excellente musique, astuces de scénarios et effets de fiction (les morts parlent souvent et assistent même à leurs propres funérailles). J'aime beaucoup.
La deuxième série est beaucoup plus ancienne, elle date du début des années 90, c'est "Bienvenue en Alaska" ("Northern Exposure"), sur Série Club le samedi soir vers 21h45. Cette série raconte les aventures d'un médecin, Joël Fleishman (Rob Morrow). Il est juif New Yorkais, élevé à Brooklyn. Parce qu'il a reçu pour faire ses études de médecine à Columbia, un bourse de l'état de l'Alaska, il se voit obligé de passer ses quatre premières années de praticien à Cicely, petite bourgade d'Alaska perdue dans le grand nord. Or les habitants de Cicely sont… bizarres. Il y a Maurice (Barry Corbin), le richissime ancien astronaute, Chris (John Corbett, maintenant dans "Sex & The City") qui règne sur la radio locale, Maggie (Janine Turner) pilote d'avion, qui entretient avec le Dr Fleishman des relations tumultueuses, Ed (Darren E. Burrows) aux idées étranges, et plein d'autres. "Northern Exposures" ressemble à "Twin Peaks", le morbide et le mystère en moins, même petite ville éloignée, mêmes habitants bizarroïdes, personnages sortants de l'ordinaire… et même culte des fans! Chaque épisode raconte une histoire étrange, aux frontières de la magie et du fantastique mais l'humour est toujours présent. Une série de qualité qui passe pour la première fois en France et qu'il faut voir absolument.

Les séries que je regarde en ce moment (avec les news c'est tout ce que je regarde à la télé!): "Six Feet Under", "NYPD Blue", "Oz", "Bienvenue en Alaska", "Sex & The City", "New York District".
>> J'en ai un peu bavé avec le nouveau design, c'est la première fois que je fais ça aussi profondément. Je me suis bien amusé!
>> Un petit peu de re-design. C'est bientôt reparti, patience!

22 janvier 2002

>> Comme vous l'avez surement remarqué, Douze Lunes est en hiatus en ce moment pendant que je réfléchis à son avenir. Le retour aura lieu dans une semaine au plus, soit pour le 1er Février avec probablement une nouvelle formule. See you later. Vous pouvez me retrouver sur JR Files. Vous pouvez aussi consulter les archives de 8 mois d'existence de ce weblog en cliquant sur le lien "archives".

14 janvier 2002

>> Actualité chargée ce matin: Georges W. est tombé dans le pommes après avoir avalé de travers un bretzel en regardant Miami - Baltimore (Baltimore a gagné 20 à 3, autant pour Jeb!) et le jeune Prince Harry a fumé du pot et bu de la bière avec les kids du quartier, à 17 ans. (CNN fait un 'Insight" là dessus ce soir!). c'était ma rubrique "hard news" ou plutôt "hardly news"!
>> Le Monde: En France, l'antiaméricanisme structuré apparaît minoritaire et politique
>> Le Monde: Un palmarès de la richesse met la France en queue de peloton Juste avant la Grèce, le Portugal et l'Espagne. Calculé par l'agence Eurostat selon le PIB par habitant.
>> Le Monde : Donner une âme au XXIème siècle, par Bill Clinton

13 janvier 2002

>> A Soundtrack to the Heyday of the 18-Wheeler
By definition, the perfect country song must mention mama, trains, prison and whiskey. Trucks, too, are part of the equation, and for years, country music's trucking songs commanded much the same respect as the drivers who kept the big rigs rolling. Trucker tunes once carried enough cultural cachet, in fact, that a 1963 anthem like Dave Dudley's "Six Days on the Road" crossed over into the pop Top 40.
Not anymore. Today, odes to looking at the world through the windshield of an 18-wheeler have been marginalized to the point where they now constitute a subculture — even within country circles.
[more...]

The New York Times

12 janvier 2002

>> Assassins sans frontières - Le Monde
Compte-rendu du dernier livre d'André Glucksmann sur le 11 septembre: "Dostoïevski à Manhattan". Pour comprendre les attentats dit Glucksmann nous devons comprendre le nihilisme, en l'occurence Dostoïevski serait plus utile que le Coran.
Des nihilistes russes aux réseaux d'Al-Qaida, la filiation n'est évidemment pas directe. L'approche de Glucksmann est intéressante en cela qu'elle rassemble les diverses associations modernes d'assassins sans frontières dans un même engagement commun : faire table rase du présent tel qu'il est, ne pas en laisser pierre sur pierre. Violence illimitée, tant qu'il reste du vieux monde, des pans de mur debout. Demain, quand tout sera par terre, on improvisera. Dieu y pourvoira. Ou le genre humain, ou personne. En attendant, il faut désorganiser, défaire, désunir. Tuer. Sans fin, en grand, efficacement, à tout prix. Voilà ce qu'ont en commun les nihilistes d'hier et ceux d'aujourd'hui. Voilà pourquoi Glucksmann conseille de "sous-titrer CNN avec Dostoïevski". [plus... ]
>> Edgar Morin : Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur

>> Stephen Gross Photography
Superbe site personnel du photographe Stephen Gross. Portraits, style, fleurs. Classique et soigné.

11 janvier 2002

>> Michael Moorcock parle, de ses livres, de ses lectures, de l'écriture, de Londres et d'autres choses dans ce "chat" sur le site du Guardian.
I ought to say here that I feel most affection for Mother London of all my books. It was intended to celebrate London and Londoners. I had become a bit gloomy doing Pyat and wanted to do something jollier. I wanted to avoid all hint of the 'family saga' kind of book which in fact has been done since. The two sequential chapters set during the blitz are the pivot. Pub names and such serve to fill in history you already know or probably will know one day. All the exposition is in odd corners, if you like. The book has to do with my admiration of ordinary people and how well they behave in crisis. Sentimental, perhaps, but I suppose the technique was also designed to avoid sentimentality too much. It is very easy to be misread. The medium is often the message and I would rather the book be a bit hard to get into initially than that it was perceived as the usual old cavalcade like that novel London that appeared a year or two back. Schools programmes as fiction. I suspect this is also Sinclair's reason for writing carefully-wrought but very unconventional books.
Auteur prolifique et génial, Moorcock est aussi remarquablement disponible pour ses lecteurs, ses interviews sont toujours excellents!
>> Si vous voulez en savoir plus sur l'affaire Enron, la faillite de cette société de courtage en énergie texane généreuse envers les politiciens et envers W. himself, lisez cet article de Libération. Un beau scandale politico-financier en perspective, des milliers de gens privés de leurs économies (l'entreprise était lourdement financée par les fonds de pension), de nombreux autres au chomage sans indemnités ni retraite, des dirigeants qui se seraient sucrés avant de mettre la clé sous la porte, des audits bizarres, des donations électorales, des amis bien placés...

10 janvier 2002

>> L'affaire de la faillite d'ENRON sera-t-elle le Whitewater de Georges W. Bush? Cet article explique. (Rappelons tout de même que Whitewater s'est terminé par un non lieu!)
>> Jorge Colombo a repris ses dessins de New Yorkais, sur le vif dans la rue. Celui du 08/01 est excellent! Lire aussi ce texte où Jorge Colombo raconte comment il dessine ses "dailies".
>> J'arrive finalement au bout de "Cyptonomicon"! Mille pages! Il m'a fallu pratiquement dix mois pour le lire, mais en pointillé, j'ai lu plein d'autres choses en même temps. Parfois je l'ai laissé pendant un mois avant de le reprendre. J'ai vu que c'était paru en français en plusieurs tomes.
C'est un livre génial, certes long mais curieusement sans longueurs. Stephenson a un plaisir évident à écrire, à rentrer dans les détails de son histoire, de ses trois histoires simultanées devrai-je dire. Il a l'art des digressions intéressantes, des détails qui tuent, des raccourcis (si, si) étonnants, il est extraordinairement pédagogue, drôle, détaché. Il a le sens de la formule. C'est un conteur né, il écrirait le bottin qu'il rendrait ça passionnant! On voit qu'il aime écrire et raconter des histoires, qu'il y prend un plaisir fou et qu'il ne se prive pas. Si vous avez envie d'un grand moment de lecture, d'apprendre des tonnes de choses sur la cryptographie, la deuxième guerre mondiale, la guerre secrète, les hackers, les start-up, les céréales, etc… ne vous privez pas, lisez ce chef d'œuvre et les autres bouquins de Stephenson.
Voici ce qu'en dit Wired:
The novel takes many circuitous detours through untamed areas of Stephenson's fertile imagination. We learn about the unsurprising transparency of leftist San Francisco Bay Area academics and the sheer nefariousness of lawyers scheming to file class-action suits against technology firms. There is a mouthful-by-mouthful -- and rather useless -- description of Cap'n Crunch cereal. …/… It's all terribly geeky, though in a way that's certain to appeal to the many fans of Snow Crash and his previous works. It's already a popular read: On Sunday, Cryptonomicon was in sixth place on Amazon.com's bestseller list.

Dans Reason:
No aficionado of trendy, complex contemporary novels by writers such as Thomas Pynchon or David Foster Wallace will be terribly surprised to come across a work of fiction that traces a single thematic thread running through the lives of a mathematical genius in World War II, his slightly less gifted but equally nerdy grandson in 1999, a gung-ho Marine driven by love and morphine, and a Japanese soldier transmuted by the bestial horrors of war. What may be surprising to readers of Neal Stephenson's Cryptonomicon, however, is that the author makes that thread cryptology - the science (or, more accurately, dual sciences) of encoding messages to keep them secret and extracting secret messages from other people's communications.
In a wide range of linked scenarios that tie WWII code breaking to the modern "cypherpunk" effort to create a currency and an economic system beyond governmental control, Stephenson's novel continually demonstrates that there's something essentially human about the process of encoding and decoding messages. It's this thesis that makes Cryptonomicon far more than simply an enjoyable, exceedingly well-written, encyclopedic, and deeply comic novel. It is, in fact, an important book that illuminates a critical public issue of our era: whether the power of encryption tools for cryptography can be trusted to individuals - tools that have, for instance, the potential to make wiretaps a thing of the past.
Cryptonomicon presents the reader with several entwined narratives, switching among them on a chapter-by-chapter basis. Most of the sections are set in World War II and follow the adventures of two men: mathematical prodigy and Army officer Lawrence Waterhouse and his near-antithesis, man of action and Marine sergeant Bobby Shaftoe. Both of these characters manage to complete grand tours of the European and Pacific theaters, but, more important, both demonstrate in their respective ways the human capacity to extract meanings from the chaotic and mysterious situations generated by a world war.

Et ce qu'en dit le New York Times:
Should anyone else bother with it? My answer is a guarded yes. Stephenson could have easily cut this novel by a third, and it's terrifying that he imagines this 900-plus-page monster to be the ''first volume'' in an even longer saga. Worse, he strains too hard at reconciling the book's multiple plot strands. We can understand the subtle links between World War II code breaking and today's politicized encryption battles -- and the spiritual links between cryptographers in the 1940's and hackers in the 1990's -- without the nonsense about secret gold deposits and coded messages that filter down (improbably) through generations. Stephenson, I suspect, simply can't help himself; he's having too good a time to ever consider applying the brakes.
A yea-saying comic book for the next millennium, ''Cryptonomicon'' is as fascinating, and as frustrating, as a string of partly decrypted code. Behind the pixilated swagger of Stephenson's prose, you catch frequent glimpses of the genuinely first-rate novel this might have been.

Neal Stephenson a écrit aussi un essai assez long et vraiment passionnant sur Windows, MacOs et Linux. Essai qu'on peut trouver sur le net:"In the beginning was the command line". Et l'une des inspirations de Cryptonomicon est cet article "Mother Earth, Mother Board" pour Wired.
>> Un article de l'IHT décrit l'aéroport de Kaboul: la piste est détruite, il y a des bombes non explosées et des carcasses d'avions partout, on atterri sur le taxiway qui est en partie en courbe! Ce doit être du sport.
Après la victoire, les interrogations: le New York Times tire un bilan provisoire peu amène de la campagne d'Afghanistan: ni Ben Laden ni le mollah Omar ne sont capturés, un KC130 s'est écrasé sans explications, un béret vert a été tué dans une embuscade, un mariage a été bombardé par erreur et on est proche du conflit entre l'Inde et le Pakistan. Par contre, dit l'IHT, le conflit des civilisations prédit par Samuel Huntington n'a pas vu le jour. Thomas Friedman dans le New York Times appelle M. Cheney a ne pas s'enterrer comme OBL mais à sortir de sa cachette.
I understand why there was concern just after Sept. 11 to keep Vice President Cheney largely in hiding, so that America's chain of command couldn't be decapitated with one blow. It was the prudent thing to do. And I'm sure it hasn't been easy for the vice president, who's been a good soldier for putting up with it. But there is a fine line between looking prudent and looking nervous and vulnerable, and Mr. Cheney's continued cave-dwelling — while the president is urging the rest of us to go about our lives — is starting to appear like the latter. It's bin Laden and his gang who are supposed to be on the run, not our vice president.
>> Libé annonce qu'ils vont réduire leur édition internet. Eh, oui ça ne paye pas assez! Et à mon avis ce n'est que le début.
>> Humm! Il est beau le nouvel I-Mac! Très beau, comme une lampe de bureau un peu ancienne et ultra-moderne à la fois! J'en veux un!

08 janvier 2002

>> "Seinfeld"
Salon
Article analysant "Seinfeld" comme une oeuvre d'art, un chef d'oeuvre de l'humanité, une oeuvre complexe et incomprise. Un peu exagéré? Pas tant que ça (AMHO)!
There are great movies released every year, great rock albums, great TV shows. "The Simpsons" is as dense as -- even denser than -- "Seinfeld," but its deliberate cartooniness and shotgun approach to humor, however devilish, limit its timelessness. "Will & Grace" and "Frasier" are both scintillatingly written and mischievously themed, but both have a too-small worldview. Only "Seinfeld" combined extraordinary writing with incredible acting and lucid direction.
"Seinfeld" was not really about how evil humanity is, though it's about that to some extent. The show is really about the joy of charting, in exquisite, unrelenting, almost celebratory detail, the infinitely variegated human interactions that, closely watched, will ultimately tell the story of the disintegration of our species.

07 janvier 2002

>> Psychology of weblogs by John M. Grohol
Most weblogs are drivel, banal shit written by angst-ridden teenagers and adults sharing feelings, thoughts, and mind-numbing details about their daily lives that provide little insight into anything or anyone. But the gems can be found amongst the long-since abandoned or forgotten sites. These gems are personality- driven. That is, the person or persons writing for them are genuinely interesting. They are storytellers. They understand the need for a beginning, a middle, and an ending. They draw together like-minded links into themes for the day, for the week, for a lifetime. The authors of such weblogs and online journals have an inner drive for their work. They don’t look for adoration or attention from other folks online. It comes to them naturally by the power of their work, by the originality of their stories, or by the genuine nature of their words.

(via canclaux)

06 janvier 2002

>> BBC News: E-cyclopedia's glossary of 2001
Many of the defining moments of 2001 spawned their own words and phrases. At year's end, we take stock of these additions to the news lexicon.

[...] impeachment nostalgia - phrase coined by novelist Douglas Coupland to characterise depression following 11 September and a hankering for the era in which details of stains on Gap dresses were the main obsession of media and politics.[...]

[...] weblog - a log of webpages a surfer has visited and recommends. In 2001 the term also came to mean public online journals where cyber diarists let the world in on the latest twists and turns of their love, work and internal lives. "The majority ... are not all that interesting," says weblog-tracking psychologist John Grohol.[...]
>> The Guardian Profile: Jaron Lanier The virtual visionary
A young geek, he went to university at 14. He dropped out to work as a musician but made his name as a pioneer of virtual reality. A key philosopher of the computer age, he also sounds a warning note about the limits of technology.
Jaron Lanier's website.
Musicien, technicien de la réalité virtuelle, philosophe, Jaron Lanier est un génie de ce temps.
>> CNN PINNACLE James Wolfensohn Leads the Fight Against Poverty
James Wolfensohn est président le Banque Mondiale. Emission de CNN du 17 Novembre 2001 mais entièrement d'actualité. J'ai vu l'émission ce matin sur CNN, c'était passionnant.

03 janvier 2002

>> Très bon article de Daniel SIBONY dans Libé aujourd'hui. Comme d'hab!
>> J'ai trouvé dans le "SFGate Morning Fix" de Mark Morford une citation d'Erma Bombeck:
Anybody who watches three games of football in a row should be declared brain dead.
Erma Bombeck
Erma Bombeck était une éditorialiste américaine qui parlait essentiellement des problèmes domestiques des femmes blanches, de classe moyenne, mariées avec des enfants. C'était son "beat" comme elle disait. Mais dans son domaine elle était au top. Ses éditoriaux étaient tous de petits chef d'œuvre d'humour et de poésie. Même si on n'est pas dans son cœur de cible! Elle est décédée en 1996.
- Quelques citation d'Erma Bombeck
- Les livres d'Erma Bombeck chez Amazon France

02 janvier 2002

>> Le grand, le magnifique Michael Jordan est de retour et de quelle manière! Avec son club les Washington Wizards, Jordan a marqué 51 points (la moitié des points du match) contre les Charlotte Hornets samedi et 45 points (sur 98) contre les New Jersey Nets le lendemain! A 38 ans. Et ce, après un gros coup de pompe contre les Pacers (6 points). A ceux qui le critique Michael Jordan envoi un message clair: il est toujours le plus fort!
"My knees are feeling good," Jordan said. "I am feeling a lot better in terms of health, and once I get in my rhythm I can get it going. So I think that will keep all of those old player conversations down a little bit."
>> Et si vous aimez James Ellroy, son univers noir profond, ses recréations de l'Histoire contemporaine sur le mode déjanté, vous lirez avec intérêt ce long interview de l'auteur.
via linkmachinego
>> Pendant ce petit interlude j'ai trouvé un site très amusant: il s'agit du site de Jorge Colombo. Chaque jour il dessine le portrait d'un New Yorkais croisé dans la rue, et ce depuis 1999. Curieusement il s'est arrêté le 14/09 après une série de vignettes de circonstances. Ces petits crobards sans prétention sont très vivants et très amusants, c'est une bonne idée, en plus. Ne manquez pas de visiter tout le site, Jorge Colombo fait aussi de superbes photos pour diverses publications ainsi que diverses illustrations.
via metafilter
>> Bonne année à tous. Douze Lunes 2002 est de retour!