Douze Lunes
31 ao�t 2001
>> Philippe Meyer dans Paris la grande, � propos de la rentr�e � Paris:
"Cette cinqui�me saison s'appelle la rentr�e. Elle commence avec le retour des grandes migrations et s'ach�ve sans pr�venir. C'est le moment o� le Parisien reprend possession et conscience de sa ville, o� il se laisse impressionner par une beaut� qu'il avait fini par n�gliger, o� il r�alise que Paris est encore un miracle. Saisi de contentement et de fiert�, il ne demande qu'� partager son bonheur. Il se rend compte qu'il ne pourrait pas vivre ailleurs. C'est ce moment qu'il faut saisir pour venir � la capitale, parce qu'il est le seul o� Paris et le Parisien s'ing�nient � se mettre l'un l'autre en valeur."
C'est pr�cisement le cas en ce moment. Aujourd'hui, errant entre deux grains dans le quartier de Villiers, j'eus une sorte de satori: oui, Paris �tait beau et propre et agr�able et j'�tais bien, en accord avec ma ville et le monde...
>> Je vous ai d�j� dit que mon neveu avait un weblog? Tr�s int�ressant en plus? Je crois, oui. Allez y jeter un coup d'oeil, �a s'appelle Captain & Books et �a traite... de bouquins.
30 ao�t 2001
>> Rubrique: quel monde!
Les harkis portent plainte pour crime contre l'humanit�. En 1962 ces alg�riens qui se battaient pour les fran�ais ont �t� abandonn�s par l'arm�e fran�aise et 100 000 d'entre eux ont �t� massacr�s par le FLN. Ceux qui ont surv�cu ont �t� parqu�s en France et longtemps consid�r�s comme citoyens de second ordre. Il y a peu de chance que leur plainte aboutisse�
Un nouveau charnier d�couvert en Bosnie pr�s de Srebenica. 4000 corps ont d�j� �t� exhum�s dans cette r�gion. Si Milosevic est � La Haye, o� sont Radko Mladic et Radovan Karadzic?
>> Toujours � propos de la Bible 2001, nouvelle traduction chez Bayard, ne pas manquer ce dossier passionnant du "Nouvel Obs".
28 ao�t 2001
"J'ai grandi dans la fiction. Elle m'a prot�g� des souffrances qui suintaient de ma famille et consol� de mes chagrins. De m�me que le jeune h�ros mutant de Cristal qui songe de Theodore Sturgeon d�vore des fourmis pour y trouver la substance qui lui manque, j'ai d�vor� des histoires sous toutes les formes. Elles ont toujours �t� et sont encore ma drogue et mon indispensable source d'�nergie. La m�moire est un monde sous-marin : aussi vivant que le corail, l'imaginaire y recouvre lentement l'�pave de chaque �v�nement, r�el ou non ; les monstres n�s dans l'inconscient y �voluent ou s'entre-d�vorent avec les formes chatoyantes que nous avons rencontr�es ; au souvenir des fictions se m�le indissolublement la fiction des souvenirs� J'ai eu envie d'explorer p�le-m�le les histoires qui ont nourri mes �motions et celles que j'ai �labor�es pour pallier mes oublis et panser mon horreur du vide. Le texte (le livre) qui les mettrait au jour serait une r�invention de ma vie, r�elle et r�v�e, dans un monde en suspens."
Martin Winckler
Le prochain roman de Martin Winckler (La maladie de Sachs), sur le site de POL, en feuilleton, et en avant-premi�re.
>> All�chant. Une nouvelle traduction de la Bible, par divers auteurs, dont Fran�ois Bon, Jean Echenoz, Jacques Roubaud, Florence Delay, Jean-Luc Benoziglio, Marie Ndiaye, Emmanuel Carr�re, Val�re Novarina� Assist�s d'ex�g�tes. Auteurs ath�es ou croyant, ils se sont tous attel�s au texte original de ce livre fondateur de notre culture.
Tout petit, avant m�me de savoir lire, un de mes livres de chevet �tait une "Histoire Sainte" en images d'�pinal. J'ai plusieurs traductions chez moi, dont celle de Chouraqui, et m�me une en h�breux traduite mot � mot en anglais, passionnante. Bien qu'ath�e et malheureux de l'�tre, il ne se passe pas un mois sans que je ne fasse un tour dans la Bible.
>> Dans "Campagnes" de Jean Rolin, un r�cit de la guerre en Bosnie:
Venant du centre ville, un v�hicule de la police livra sur la barricade un lance-grenades flambant neuf, d'un mod�le assez sophistiqu�, dont les miliciens se mirent � assembler les diff�rents �l�ments avec l'air dubitatif, incr�dule, d'enfants confront�s � leur premi�re maquette d'avion. Comme il �tait vraisemblable que les combattants de l'autre bord ne perdaient rien de ce spectacle, je me demandais, personnellement, combien de temps s'�coulerait avant qu'ils ne se d�cident � envoyer un obus de mortier sur le groupe de mod�listes. Au bout d'un quart d'heure environ, l'obus n'�tant toujours pas arriv�, quelques miliciens avec lesquels nous nous entretenions voulurent nous faire les honneurs d'une maison voisine o� ils avaient leurs entr�es, et nous nous �loign�mes en courant de la barricade. A une centaine de m�tres de celle-ci, le chemin franchissait sur une passerelle m�talliques un ruisseau ou peut-�tre un �gout � ciel ouvert. Juste avant de m'engager sur cette passerelle, je vis dans l'herbe une taupe morte, et j'en fus si douloureusement frapp� qu'en d�pit de mon souci de ne pas m'attarder, je revins sur mes pas pour m'assurer qu'il s'agissait bien d'une taupe morte. Et ind�niablement, c'en �tait une. Or plusieurs ann�es auparavant, Marie m'avait offert une minuscule taupe en peluche, v�tue d'un manteau rouge, et que, depuis, en voyage, je transporte toujours avec moi, et qui est suppos�e me garder de divers p�rils. Et quand je vis dans l'herbe cette taupe morte, et morte de surcro�t � la p�riph�rie d'un champ de bataille, j'en conclu aussit�t que la protection m'avait �t� retir�e et que peut-�tre je mourrais dans la journ�e, ce qui, comme on le voit, ne s'est pas produit.
En un paragraphe on passe de l'humour � l'angoisse et on finit par une pointe d'autod�rision. L'image et l'ambiance sont parfaitement croqu�s. Dans ce paragraphe se lit tout l'absurde et la peur de la guerre civile et pourtant il ne se passe rien. L'auteur se demande quel va �tre le sort des miliciens qu'il observe, avec d�tachement, voire un peu d'ironie, avant que sa propre mortalit� et son implication dans le drame ne lui soit rappel� par un d�tail insignifiant. Du grand art, modeste.
27 ao�t 2001
>> Que tous ceux qui aiment la langue anglaise, la langue en g�n�ral et la litt�rature lisent cet article (en anglais), iconoclaste et passionn�, qui d�boulonne quelques statues de la litt�rature am�ricaine moderne. Annie Proulx, Paul Auster, Cormac McCarthy, Don DeLillo, David Guterson sont d�masqu�s. Exemple � l'appui, l'auteur montre que ces �crivains, encens�s par la critique, ne valent pas les ma�tres du pass�. On peut �tre d'accord ou non, il reste que cet article est un beau t�moignage d'amour de la litt�rature et du beau langage, et une le�on de style et de lecture.
26 ao�t 2001
>> Il fait chaud, tellement chaud! Je n'ai quasiment pas boug� de chez moi aujourd'hui et j'en suis � ma deuxi�me douche. Avant d'aller dormir il y en aura une troisi�me car je suis en sueur. C'est comme �a depuis deux jours. L'air est lourd et aujourd'hui l'humidit� dans l'air est venu ajouter de l'inconfort. C'est un temps pour les champignons entre les orteils, un temps vaseux, un temps malade. Les choses pourrissent vites et sentent mauvais. Il n'y a pas de vent, ou alors quelques tourbillons mollassons qui brassent l'air lourd. Les frigos tournent � plein r�gime mais ont du mal � remplir leur office. La nuit, toutes les fen�tres de mon appartement sont ouvertes mais il fait encore trop chaud pour dormir convenablement. L'air est pollu�, le matin une brume marron couvre l'horizon. J'ai horreur de ce temps l�, ce que je voudrais c'est une bonne pluie qui rince tout, l'air, les odeurs, le macadam r�pugnant. Mais il ne va pas pleuvoir ce soir, d'apr�s la m�t�o, les orages passeront plus loin. Le temps que je pr�f�re � Paris, c'est le temps doux, oc�anique, un peu de crachin ne fait pas de mal. On respire enfin. J'aime la ville sous le crachin. Ou alors quand il fait doux et que le temps est clair avec des nuages, de petits cumulus de beau temps, comme au printemps. Mais pas ce temps de friture, non.
25 ao�t 2001
>> Un polar d�cal�, un roman dr�le, ma�tris�, tendrement ironique, toujours int�ressant et m�nageant toujours le suspens malgr� son improbabilit�, des digressions subtiles et dr�les, des formules, des trouvailles d'�critures. C'est "La grande � la bouche molle" de Philippe Jaenada. Un priv� un peu amateur est embringu� dans une poursuite d�lirante et dangereuse � travers la France et finalement New York. L'histoire n'a pas beaucoup d'importance, tout est dans le style, l'art de la formule bien vue et dans le personnage principal particuli�rement r�ussi, priv� rat�, turfiste passionn�, faux na�f mais vrai g�n�reux, on aimerait �tre pote avec lui, faire le papier sur le coin d'un bar en sirotant un ap�ro et en surveillant du coin de l'�il la cha�ne des courses, et se raconter des histoires. Car Jaenada sait raconter les histoires, vraiment bien, sans se prendre au s�rieux. Et que peut on demander de mieux?
24 ao�t 2001
>> Puisque vous insistez (!), voici en vrac mes auteurs de litt�rature favoris, une liste soumise � de fr�quents changements, rajouts, incises, mais pas de retranchements, du moins je ne crois pas. Ce sont les auteurs dont j'emm�nerais les livres sur la fameuse �le d�serte o� j'esp�re ne jamais aller, il y en a bien d'autres, mais dont je n'aime pas tout o� dont je n'aime qu'un livre. Encore que je n'ai pas tout lu des auteurs ci-dessous mais je sais que leur �uvre me pla�t globalement:
Les am�ricains et canadiens: John Irving, Philip Roth, Jim Harrison, Thomas McGuane, Richard Ford, Barbara Kingsolver, Saul Bellow, Garrison Keillor, Raymond Carver, T.C. Boyle, Neal Stephenson, Mark Twain, Douglas Coupeland, John Steinbeck, Caleb Carr, Ethan Canin, Paul Auster (avec quelques r�serves), John Dos Passos, Kinky Friedmann, Carl Hiaasen, Robertson Davies, James Welch, Peter Matthiessen, Anne Tyler, Vladimir Nabokov, Walker Percy, Carson McCullers, Alison Lurie, Rick Bass, Melville, Henry James.
Les britanniques: P.G. Wodehouse, Julian Barnes, Reginald Hill, Peter Carey (australien), Salman Rushdie, Jonathan Coe, Terry Pratchett, Dickens, Wilkie Collins, Jane Austen, J.R.R. Tolkien, R.K. Narayan (inde), John Le Carr�, David Lodge, William Boyd.
Les hispaniques: Gabriel Garci� Marquez, Paco Ignacio Taibo II, Alejo Carpenter, Manuel Vasquez Montalban, Alfredo Bryce-Echenique, Mario Vargas Llosa.
Les fran�ais et europ�ens continentaux: Balzac, Stendhal, Le Cl�zio (encore que, pas tout�), Jean Echenoz, Philippe Djian, Georges P�rec, Jean-Paul Dubois, Pascal Bruckner, Albert Cohen, Jean Rollin, Milan Kundera (tch�que), Jean-Baptiste Evette, Aarto Paasilina (finlandais), Umberto Eco et Italo Svevo (italiens), Jorn Riel et Peter Hoeg (danois).
>> Je suis juste drogu� par les livres. Un bookaholic comme dit mon neveu, qui en est un aussi. J'aime les livres, j'aime lire, en anglais et en fran�ais, j'aime m'immerger dans une bonne histoire, m'engluer dans un bon roman, (un roman qui raconte une histoire, pas un texte d'avant garde o� il ne se passe rien�), mais ce n'est pas tout, j'aime apprendre des choses nouvelles, j'aime comprendre. J'aime donc aussi les essais sur tous les sujets possibles et imaginables, les biographies� Rien ne remplace les joies de la lecture, de la d�couverte, sinon peut �tre une bonne conversation. J'ai toujours plusieurs livres commenc�s en m�me temps. J'aime acheter des livres. Les perspectives d'immenses lectures qui apparaissent quand on entre dans une librairie. Je passe le meilleur de mon temps � feuilleter les bouquins dans les librairies. Les emprunter n'est pas mal, mais ce n'est pas du tout pareil, moins jouissif que la possession d�finitive d'un bouquin, je pr�f�re les librairies aux biblioth�ques, mais je fr�quente n�anmoins assid�ment aussi l'"American Library of Paris", un endroit magnifique. J'ach�te des dizaines de livres, je ne sais plus ou les mettre et mon budget s'en ressent. Je suis drogu� aux livres. Il y a pire comme drogue!
Tiens, un weblog pour les dingues de bouquins (en anglais)!
23 ao�t 2001
>> Il m'est arriv� une chose incroyable: en voulant aller sur un site via un portail, l'entr�e sur ce site m'a �t� interdite parce que j'utilise MSIE! Une fen�tre m'a ensuite demand� si je voulais t�l�charger Netscape. C'est la premi�re fois que �a m'arrive. Et je ne vois pas du tout l'int�r�t de ce site d'interdire l'acc�s aux gens qui utilisent MSIE! C'est presque du racisme.
>> Un truc qui m'agace de plus en plus: les prix en euro en gros et les francs en tout petit, � cot�. De plus en plus de magasins font cela. Je trouve �a stupide: comme la plupart des gens je n'ai pas encore d'euros en poche, je ne peux donc pas payer dans cette monnaie, d�s lors je me moque totalement que mon pain au chocolat co�te 0,75 euro. Pourquoi pas mettre le prix en dollars, en livre sterling ou en ngultrum (la monnaie du Bhoutan, ignares ;-))? Franchement! En plus �a m'induit en erreur: oh, ce truc est pas cher, ah, si, c'est le prix en euro! Qu'on mette le prix en euro en petit, � la rigueur, mais le contraire n'a aucun sens, tant qu'on a pas d'euros en poche. Le pompon c'est cette affichette rep�r�e pr�s de la caisse d'une boulangerie: "� cause du passage � l'euro nous prions notre aimable client�le de bien vouloir faire l'appoint en francs"� !!
C'�tait le billet d'humeur.
22 ao�t 2001
>> Deux articles en anglais:
-Le Guardian compare les m�tros de plusieurs grandes capitales mondiales, les usagers de la RATP seront surpris.
-Si � Paris on a les crottes de chien, � P�kin les gens ont la f�cheuse habitude de cracher par terre, beaucoup et souvent� (IHT)
"Walk down any street in this ancient capital, sit down in any movie theater, grab a table at almost any restaurant, and it won't be long before somebody noisily clears his or her throat and spits, usually right on the floor."
ahem!
21 ao�t 2001
>> Derni�re folie en date, et ce n'est pas une utopie, le" Freedom Ship", bateau de 1,3 km de long, accueillera 110 000 "citoyens" en permanente croisi�re avec 4000 boutiques, train int�rieur, h�liport et ferry en guise d'annexe, police, �coles, tout le confort moderne! A priori cette ville flottante sera surtout une sorte de prison dor�e, ou ville dortoir pour super riches, � l'abri du monde, une sorte de Monaco flottant et se promenant sur les oc�ans. En fait c'est la derni�re version, radicale, des "gated community"� Sauf que l'on aura m�me pas � sortir de chez soi pour faire une croisi�re! (via Urban Monk: urbanmonk.blogspot.com).
Article en fran�ais.
>> Les "Crop Circles" sont ces formations circulaires trac�es dans les champs de c�r�ales, en Angleterre. Tout un monde tourne litt�ralement autour de ces dessins �tranges, et souvent tr�s beaux et spectaculaires: les fabricants, qui tiennent � rester anonymes, pour la beaut� du geste, et les croyants, qui sont persuad�s que les dessins sont faits par des extraterrestres, ou par des ph�nom�nes paranormaux.
Cet article du Guardian explique les �tranges rapports entre les fabricants de "crop circles" et ceux qui, comme Mulder, "want to believe". Ou comment les uns restent anonymes pour pr�server les r�ves des autres, et le myst�re de leurs compositions:
"Circle makers and believers are locked to each other in a symbiotic relationship, a game with unwritten but set rules. The true "believers", cannier now than they used to be and better at spotting "fakes", are convinced that humans could not have made some of the best circles that have been appearing for more than 10 years"
Sur les "crop circles" et pour conna�tre les derniers d�couverts dans les champs du Hampshire, visitez aussi le site, qui pr�sente de tr�s belles images:
Crop Circle Connector .
Et aussi:
Art Bell Crop Circles
Swirled News
Crop Circle Central
Crop Circles UK
20 ao�t 2001
>> Un article par David Plotz pour "Slate" (en anglais), essentiel pour comprendre la guerre larv�e mais meurtri�re que se livrent les isra�liens et les palestiniens: � la m�thode des assassinats cibl�s, utilis�e par Isra�l, r�pond la m�thode des attentats suicides � la bombe. Malgr� leur apparente irrationalit� ces deux tactiques sont repr�sentatives de chaque �conomie (les isra�liens utilisent la technologie high-tech avec peu d'engagement et le minimum de main d'�uvre, les palestiniens utilisent une technologie artisanale, un engagement absolu et une utilisation intensive des gens) et ont leur propre perverse logique.
>> Comment trouvez-vous mes nouvelles couleurs? Pour tout savoir sur l'utilisation des couleurs dans une publication ou sur le web et sur la th�orie des couleurs, suivez ce guide interactif, (n�cessite le pluggin Flash).
Et pour choisir les couleurs de votre site web, consultez cette page absolument remarquable.
19 ao�t 2001
>> Sorti pour faire une balade vesp�rale et de sant� � Montmartre, je viens de croiser, rue du Mont-Cenis, Nilda Fernandez. Il est pas grand (vraiment pas, il m'arrive � la poitrine et je fais 1m90!).
>> En ce moment, comme tous les �t�s o� je n'y vais pas, je ressens la nostalgie des Etats Unis. Pendant plusieurs ann�es la fin ao�t a �t�, pour moi, le temps du voyage en Am�rique. Et ce, depuis 1993. Cette ann�e l� je fis un voyage, le premier, dans le Colorado, l'Arizona et l'Utah, qui changea, j'ose le dire, ma vie. J'y d�couvris l'Am�rique et je n'ai cess� depuis d'y penser, de m'y int�resser, de lire et d'y retourner pour ressentir de nouveau cette admiration et cette �motion ressentie lors de ce voyage de 1993. Depuis quatre ans, h�las, le dollars �tant ce qu'il est, je n'y suis pas retourn�. Ce ne sera que meilleur l'ann�e prochaine, o�, co�te que co�te, je me promet de retourner l� bas.
Un des grands auteurs sur l'Am�rique est William Least Heat-Moon. Un connaisseur aussi:
"I can now say I've visited every county in the contiguous United States except for a handful in the Deep South, and those I'll get to soon. Put your finger at random anyplace in this United States atlas, and I've either been there or within twenty-five miles of it, but for the desert of Nevada where the gap can be about twice that."
Je viens de relire, nostalgie oblige, son grand �uvre: Blue Highways. C'est un des meilleurs livres sur l'Am�rique qui soit, un r�cit de voyage sur les petites routes (en bleu sur les vieilles cartes), � la rencontre de gens et des lieux: les villes aux noms bizarres, Bear Wallow, Boreing, Lookingglass, Dime Box, Why, etc� Ce r�cit est plein d'humanit�, intelligent, rempli de rencontres et de curiosit�s; � bord de son van surnomm� "Ghost Dancing", l'auteur nous emm�ne � la red�couverte de l'Am�rique profonde, hors des sentiers battus et des pi�ges � touristes, un voyage que j'aurais aim� faire et que je ferais peut-�tre un jour, un livre passionnant, dr�le et �mouvant, jamais mesquin ou pleurnichard (comme peut l'�tre, malheureusement souvent, Bill Bryson, h�las).
Lire aussi ses deux autres livres, le somptueux "Prairyerth" et le magnifique "River Horse".
>> Si vous voulez conna�tre les r�gles du Cricket sans que �a soit trop indigeste, si vous lisez l'anglais et connaissez un peu le base-ball, ce "Cricket Explained, An American viewpoint" est pour vous. Un petit exemple de ce tr�s bon texte:
"The length of a cricket match can be whatever. Generally, the more important the match, the longer. The longest matches are the international ones, where one country pits 11 players against another country.These matches are called "tests" and last five days. They usually play eight to ten hours a day, so it's quite a long game. Scoring is in "runs" like baseball but at a much higher rate. In a test match it's quite common for each side to score over five hundred (!) runs."
>> Un tr�s long interview (en anglais) de Michael Moorcock. Ils s'exprime sur ses �uvres, la litt�rature de genre, la politique, l'Am�rique (longuement et intelligemment, et je me trouve en grande partie d'accord avec lui sur ce point, y compris sur l'immense espoir qu'il place dans la capacit� du peuple am�ricain � r�soudre ses probl�mes), Tolkien (tr�s critique, et discutable) et la musique.
13 ao�t 2001
>> Synthetic Zero, un des meilleurs weblog sur la plan�te weblog, pointe vers ce petit film totalement hilarant de l'entr�e de Steve Balmer le PDG de Vous-Savez-Quoi (l'empire de Redmond!). Au d�but j'ai cru que c'�tait un montage, mais non �a � l'air authentique! Comment motiver ses troupes... Incroyable!
12 ao�t 2001
>> Apr�s 15 jours de sommeil agit�, voire d'insomnie, cette nuit j'ai dormi comme un loir, hourrah!
Sur le sommeil et la meilleure fa�on de s'endormir, lire cet article du h2g2 guide (en anglais).
>> Dans la s�rie des nouvelles religieuses cette d�p�che de l'Associated Press:
HONFLEUR (AP) -- La ville d'Honfleur (Calvados) accueille � partir de ce dimanche, pour quatre jours, les reliques de sainte Th�r�se de Lisieux. Plus de 150.000 personnes sont attendues. Le reliquaire arrivera par la mer dans le bassin du port o� une c�l�bration sera donn�e cet apr�s-midi avant que les cendres de la sainte ne rejoignent en procession l'�glise Sainte-Catherine o� elles resteront jusqu'au 15 ao�t. C'est la seule �tape fran�aise de la tourn�e mondiale 2001 des reliques de Sainte-Th�r�se, apr�s l'Irlande en juin, Sarajevo en juillet, et avant de partir pour quatre mois au Canada.
Sainte Th�r�se en tourn�e mondiale, ou comment l'�glise catholique a parfaitement et depuis longtemps ma�tris� la soci�t� du spectacle!
11 ao�t 2001
>> La Chine veut choisir le prochain Dala� Lama. Ben voyons! D'apr�s l'actuel Dala� Lama, son successeur sera un enfant actuel ou � venir n� hors du Tibet ou hors de Chine. Dans le pass� les Dala� Lama, ou autres ma�tres tib�tains, ont �t� reconnus dans des enfants d'environ six ans. (Dans la tradition tib�taine de r�incarnation, les grands ma�tres choisissent de se r�incarner dans un enfant, un certain nombre de signes guident les moines chercheurs vers cet enfant, quand ils l'ont trouv� ils lui font passer des tests pour s'assurer que c'est bien lui� Tout le monde n'a t'il pas vu "Little Bouddha"?). L'actuel Dala� Lama, Tenzin Gyatso, a 66 ans. N� sous le nom de Lhamo Thondup, d'une famille de paysan du Tibet, il a �t� reconnu comme la r�incarnation du pr�c�dent Dala� � l'�ge de deux ans. (Lire sa tr�s bonne autobio: "Au loin la libert�" (le Livre de Poche).
>> Bill Clinton touchera 10 millions de dollars d'avance pour la r�daction et la publication de ses m�moires. C'est plus que le Pape! Comme quoi la saintet� ne paie finalement pas si bien! Avec les 8 millions qu'a touch� sa femme pour ses m�moires � elle, �a devrait mettre le couple Clinton � l'abri des dettes (les frais des diff�rents proc�s du temps o� Clinton �tait pr�sident s'�l�vent � 11,3 millions de dollars, sur lesquels le "Clinton Legal Defense Fund" a recueilli 3,9 millions). Bill a d�cid� de les �crire lui m�me, ses m�moires, sans "ghost writer". Publication en 2003.
Pourquoi j'aime bien Clinton:
1) compar� � Reagan, Bush senior et Bush junior, c'est le meilleur pr�sident am�ricain de ces vingt cinq derni�res ann�es.
2) ses plus grandes r�alisations sont, � mon humble opinion, la paix en Bosnie, la lib�ration du Kosovo, et les accords de Camp David.
3) il est l'incarnation du r�ve am�ricain: un gars parti de rien, d'origine tr�s modeste, qui r�ussit gr�ce � son intelligence et ses capacit�s de travail et qui devient pr�sident des USA.
4) mari� � une femme intelligente, classe, qu'il aime et qui l'aime, il ne peut s'emp�cher d'avoir un go�t douteux pour les bimbos, curieusement au lieu de me le rendre antipathique ce trait de caract�re me touche! (attention pas de conclusions h�tives � mon �gard!). Ca me rappelle, toute proportion gard�e, l'amour "essentiel" de Sartre et Simone de Beauvoir, jamais d�menti, et le go�t de Sartre (et de Simone) pour les "amours contingentes"!
>> Un endroit assez amusant qui calcule votre temps de vie en ann�es, mois, semaines, heures etc� jusqu'au milli�me de seconde! Au moment de la r�daction de ce post j'en suis � 16250 jours d'existence et 389995 heures. Pfouh! (via la g�niale Meg Pickard, de "not so soft", www.notsosoft.com/blog/).
10 ao�t 2001
>> Bienvenue � irisenligne (mon fr�re) et � Captain&Books (mon neveu), dans le monde des weblogs, ou carnets de notes en ligne, ou comme vous voudrez bien appeller ces manifestations amusantes de l'�go et du partage dans le cyber-monde!
09 ao�t 2001
>> Cit� par Wallace Kaufman dans Coming out of the woods � propos de Thoreau:
� Les bois l�ont rendu mesquin et arrogant, ce truc de n�avoir pas besoin de civilisation �tait r��lement une insulte � l��gard d�Emerson et d�Alcott et des intellectuels qui avaient de grandes maisons et de l�argent. S�il s��tait autant pl� qu�il le dit, � Walden, il serait rest� l� bas, mais ce qui lui plaisait vraiment c��tait raconter son exp�rience aux gens. �
C�est un peu court, mais c�est vrai que Thoreau n�a v�cu que deux ans � Walden, un endroit m�me pas tr�s isol�, et qu�il a regagn� ses p�nates, son grenier et le confort de la maison de ses parents apr�s, pour �crire son chef d�oeuvre. On peut se demander s�il se plaisait vraiment tant que �a � Walden.
>> Lu dans La route du retour de Jim Harrison:
� Un professeur m�a dit autrefois que la r�alit�, c��tait quand vous regardiez par un trou de serrure et que quelqu�un arrivait � pas de loup derri�re vous pour vous flanquer un grand coup de pied dans les couilles �
Ah! C��tait donc �a!
>> Toujours dans la veine "nature", comment faire un jardin de papillons, en plantant des fleurs qui attirent les papillons et qui sont belles � regarder (en anglais).
>> Donc aujourd�hui, le temps redevenant provisoirement cl�ment, je me suis accord� une petite confrontation avec m�re nature: d�gager le chemin qui m�ne dans la for�t. C�est une vrai jungle l� dedans, les ronces ont prosp�r�, les foug�res sont quasiment arborescentes, les petits acacias aux �pines ac�r�s poussent avec enthousiasme. Avec une faux et une cisaille me voil� mettant un terme provisoire � cette f�te v�g�tale, schlack, schlack! En cours de route je suis tomb� sur un petit �cosyst�me de papillons, des dizaines, marrons, et de plantes odorantes, j�ai fait bifurquer mon chemin un tant soit peu pour ne pas les d�ranger, d�veloppement durable, c�est mon principe. Parlant de durabilit�, il y a fort � parier que mon modeste d�frichage ne tiendra pas bien longtemps: chaque ann�e je retrace le sentier dans la m�me exhub�rance v�g�tale et m�me � la fin de l��t� rien ne garanti que les plus grosses et plus vivaces des plantes n�aient pas r�henvahi mon petit passage.
En tra�ant mon petit sentier ce matin je me sentais toujours un peu coupable de saccager de belles plantes, gorg�es de vie et de s�ve, des ronces et des foug�res surtout. Pourquoi cette culpabilit�? Je pensais aux plantes que le sort avait mis sur mon passage, attendant sans pouvoir rien faire le passage mortel de ma faux. Evidemment je n�ai pas pu m�emp�cher d�en faire un peu de philosophie � trois sous: les plantes n�ont d�autres choix que d�attendre le passage de la cisaille, elles ne peuvent pas fuir, mais tant que je ne suis pas pass� dessus elles vivent, sans peurs et sans expectations, elles sont juste l�. Et quand je serai pass� leurs racines resteront pour repousser cette ann�e ou la prochaine, les tiges coup�es iront pourrir quelque part sur le sol, s�y int�grant, y faisant vivre des centaines de micro-organismes et devenant engrais pour les prochaines pousses... En cours de route je suis tomb� sur une grosse limace rouge que j�ai d�plac� avec respect et sur un gros escargot que j�ai laiss� bien coll� � sa feuille de ch�ne basse.
Dans un m�tre carr� de for�t d�bois�e, o� la v�g�tation d�herbes et de broussailles, du fait de l�absence de grands arbres captant l��nergie lumineuse, tend � �tre luxuriante, il y a des centaines d�esp�ces de plantes, des dizaines de minuscules petits animaux, invert�br�s et vert�br�s. D�sir de d�crire cette luxuriance de vie. Tout � un nom, une classe. Envie d��tre exhaustif, absolument. Pourquoi? Je suis heureux de savoir que tout peut �tre d�crit pr�cis�ment, qu�il n�existe pas un brin d�herbe, pas un micro-organisme qui ne soit catalogu� quelque part. Toute puissance du nom, de l�homme qui nomme tous les �tres!
Hier, alors qu�un fort vent d�ouest soufflait, j�ai rep�r� un rapace, assez gros, faisant du surplace face au vent, ailes �cart�es. Il restait parfaitement immobile une minute avant de d�crocher et de se remettre un peu plus loin dans la m�me position dans le lit du vent. Comment il faisait �a, myst�re! J�aurai cru qu�il eut recul� pouss� par le vent, mais non, immobile, parfaitement positionn� et � l�aise, il �tait.
A l�Essart, ce 9 Ao�t 2001.
08 ao�t 2001
>> Si vous passez par la Touraine ou par l�Anjou, et que vous avez une journ�e � perdre (vous savez ces longues journ�es o� vous ne savez pas quoi faire, o� les enfants ont d�sesp�r�ment besoin de faire un tour qui leur change un peu les id�es), allez au Zoo de Dou� La Fontaine, pr�s de Saumur. Je connais ce zoo depuis ma tendre enfance, c�est l� que j�ai eu la vocation (d��ue jusqu�� maintenant, mais qui m�a tenue jusqu�� au moins 12 ans) de devenir gardien de zoo, � l��ge o� les enfants veulent tous �tre pompier ou policier. C��tait l� que deux fois par an mes parents m�emmenaient et ces visites �taient un de mes plus grand plaisir d�enfance (avec les cr�pes). Je viens de visiter aujourd�hui � nouveau ce zoo, je peux le dire c�est un des meilleurs zoo que j�ai visit� en Europe. J�ai un peu de honte � l�avouer, je suis un fan de zoo. Mais pendant longtemps ceux-ci �taient des prisons � animaux. Bon, d�accord ce sont toujours des prisons, mais d�sormais la plupart des zoos sont des prisons de luxe et contribuent � la sauvegarde d�esp�ces menac�es de part le monde. C�est le cas du zoo de Dou� ou dans un cadre magnifique de carri�res et d��tangs �voluent un nombre incroyable d�animaux, certains tr�s rares comme les l�opards des neiges. Les animaux sont beaux, en bonne sant� �vidente, aucun n�a le syndrome de la b�te enferm�e (faisant des all�es et venues maniaques d�un bout � l�autre de sa cage). Les enclos sont vastes et pourtant tr�s bien am�nag�s pour le visiteur qui a toujours une bonne vue des animaux. Pas de surpopulation, ni dans le camp des animaux ni dans le camp des humains. Le d�cor est luxuriant de v�g�tation diverse joliment am�nag�e, des panneaux didactiques sont tr�s bien plac�s, le parcours bien fl�ch�. Beaucoup d�animaux sont rares et ne se voient que rarement dans un zoo: les loups � crini�re, les l�opards des neiges d�j� cit�s, les hippopotames pygm�s, les ours � collier, les l�muriens, les pandas roux, les chauves souris... La visite de ce zoo est un plaisir.
Zoo de Dou� La Fontaine, 19 km au sud-ouest de Saumur dans le Maine et Loire.
06 ao�t 2001
>> Pas de post avant mercredi ou jeudi, merci d'�tre venu, visitez les archives, il y a plein de trucs passionnants!