Douze Lunes
31 août 2001
 
>> Philippe Meyer dans Paris la grande, à propos de la rentrée à Paris:
"Cette cinquième saison s'appelle la rentrée. Elle commence avec le retour des grandes migrations et s'achève sans prévenir. C'est le moment où le Parisien reprend possession et conscience de sa ville, où il se laisse impressionner par une beauté qu'il avait fini par négliger, où il réalise que Paris est encore un miracle. Saisi de contentement et de fierté, il ne demande qu'à partager son bonheur. Il se rend compte qu'il ne pourrait pas vivre ailleurs. C'est ce moment qu'il faut saisir pour venir à la capitale, parce qu'il est le seul où Paris et le Parisien s'ingénient à se mettre l'un l'autre en valeur."

C'est précisement le cas en ce moment. Aujourd'hui, errant entre deux grains dans le quartier de Villiers, j'eus une sorte de satori: oui, Paris était beau et propre et agréable et j'étais bien, en accord avec ma ville et le monde...
 
>> Je vous ai déjà dit que mon neveu avait un weblog? Très intéressant en plus? Je crois, oui. Allez y jeter un coup d'oeil, ça s'appelle Captain & Books et ça traite... de bouquins.
30 août 2001
 
>> Rubrique: quel monde!
Les harkis portent plainte pour crime contre l'humanité. En 1962 ces algériens qui se battaient pour les français ont été abandonnés par l'armée française et 100 000 d'entre eux ont été massacrés par le FLN. Ceux qui ont survécu ont été parqués en France et longtemps considérés comme citoyens de second ordre. Il y a peu de chance que leur plainte aboutisse…
Un nouveau charnier découvert en Bosnie près de Srebenica. 4000 corps ont déjà été exhumés dans cette région. Si Milosevic est à La Haye, où sont Radko Mladic et Radovan Karadzic?

 
>> Toujours à propos de la Bible 2001, nouvelle traduction chez Bayard, ne pas manquer ce dossier passionnant du "Nouvel Obs".
28 août 2001
 
"J'ai grandi dans la fiction. Elle m'a protégé des souffrances qui suintaient de ma famille et consolé de mes chagrins. De même que le jeune héros mutant de Cristal qui songe de Theodore Sturgeon dévore des fourmis pour y trouver la substance qui lui manque, j'ai dévoré des histoires sous toutes les formes. Elles ont toujours été et sont encore ma drogue et mon indispensable source d'énergie. La mémoire est un monde sous-marin : aussi vivant que le corail, l'imaginaire y recouvre lentement l'épave de chaque événement, réel ou non ; les monstres nés dans l'inconscient y évoluent ou s'entre-dévorent avec les formes chatoyantes que nous avons rencontrées ; au souvenir des fictions se mêle indissolublement la fiction des souvenirs… J'ai eu envie d'explorer pêle-mêle les histoires qui ont nourri mes émotions et celles que j'ai élaborées pour pallier mes oublis et panser mon horreur du vide. Le texte (le livre) qui les mettrait au jour serait une réinvention de ma vie, réelle et rêvée, dans un monde en suspens."

Martin Winckler

Le prochain roman de Martin Winckler (La maladie de Sachs), sur le site de POL, en feuilleton, et en avant-première.

 
>> Alléchant. Une nouvelle traduction de la Bible, par divers auteurs, dont François Bon, Jean Echenoz, Jacques Roubaud, Florence Delay, Jean-Luc Benoziglio, Marie Ndiaye, Emmanuel Carrère, Valère Novarina… Assistés d'exégètes. Auteurs athées ou croyant, ils se sont tous attelés au texte original de ce livre fondateur de notre culture.
Tout petit, avant même de savoir lire, un de mes livres de chevet était une "Histoire Sainte" en images d'Épinal. J'ai plusieurs traductions chez moi, dont celle de Chouraqui, et même une en hébreux traduite mot à mot en anglais, passionnante. Bien qu'athée et malheureux de l'être, il ne se passe pas un mois sans que je ne fasse un tour dans la Bible.

 
>> Dans "Campagnes" de Jean Rolin, un récit de la guerre en Bosnie:
Venant du centre ville, un véhicule de la police livra sur la barricade un lance-grenades flambant neuf, d'un modèle assez sophistiqué, dont les miliciens se mirent à assembler les différents éléments avec l'air dubitatif, incrédule, d'enfants confrontés à leur première maquette d'avion. Comme il était vraisemblable que les combattants de l'autre bord ne perdaient rien de ce spectacle, je me demandais, personnellement, combien de temps s'écoulerait avant qu'ils ne se décident à envoyer un obus de mortier sur le groupe de modélistes. Au bout d'un quart d'heure environ, l'obus n'étant toujours pas arrivé, quelques miliciens avec lesquels nous nous entretenions voulurent nous faire les honneurs d'une maison voisine où ils avaient leurs entrées, et nous nous éloignâmes en courant de la barricade. A une centaine de mètres de celle-ci, le chemin franchissait sur une passerelle métalliques un ruisseau ou peut-être un égout à ciel ouvert. Juste avant de m'engager sur cette passerelle, je vis dans l'herbe une taupe morte, et j'en fus si douloureusement frappé qu'en dépit de mon souci de ne pas m'attarder, je revins sur mes pas pour m'assurer qu'il s'agissait bien d'une taupe morte. Et indéniablement, c'en était une. Or plusieurs années auparavant, Marie m'avait offert une minuscule taupe en peluche, vêtue d'un manteau rouge, et que, depuis, en voyage, je transporte toujours avec moi, et qui est supposée me garder de divers périls. Et quand je vis dans l'herbe cette taupe morte, et morte de surcroît à la périphérie d'un champ de bataille, j'en conclu aussitôt que la protection m'avait été retirée et que peut-être je mourrais dans la journée, ce qui, comme on le voit, ne s'est pas produit.

En un paragraphe on passe de l'humour à l'angoisse et on finit par une pointe d'autodérision. L'image et l'ambiance sont parfaitement croqués. Dans ce paragraphe se lit tout l'absurde et la peur de la guerre civile et pourtant il ne se passe rien. L'auteur se demande quel va être le sort des miliciens qu'il observe, avec détachement, voire un peu d'ironie, avant que sa propre mortalité et son implication dans le drame ne lui soit rappelé par un détail insignifiant. Du grand art, modeste.

27 août 2001
 
>> Que tous ceux qui aiment la langue anglaise, la langue en général et la littérature lisent cet article (en anglais), iconoclaste et passionné, qui déboulonne quelques statues de la littérature américaine moderne. Annie Proulx, Paul Auster, Cormac McCarthy, Don DeLillo, David Guterson sont démasqués. Exemple à l'appui, l'auteur montre que ces écrivains, encensés par la critique, ne valent pas les maîtres du passé. On peut être d'accord ou non, il reste que cet article est un beau témoignage d'amour de la littérature et du beau langage, et une leçon de style et de lecture.



26 août 2001
 
>> Il fait chaud, tellement chaud! Je n'ai quasiment pas bougé de chez moi aujourd'hui et j'en suis à ma deuxième douche. Avant d'aller dormir il y en aura une troisième car je suis en sueur. C'est comme ça depuis deux jours. L'air est lourd et aujourd'hui l'humidité dans l'air est venu ajouter de l'inconfort. C'est un temps pour les champignons entre les orteils, un temps vaseux, un temps malade. Les choses pourrissent vites et sentent mauvais. Il n'y a pas de vent, ou alors quelques tourbillons mollassons qui brassent l'air lourd. Les frigos tournent à plein régime mais ont du mal à remplir leur office. La nuit, toutes les fenêtres de mon appartement sont ouvertes mais il fait encore trop chaud pour dormir convenablement. L'air est pollué, le matin une brume marron couvre l'horizon. J'ai horreur de ce temps là, ce que je voudrais c'est une bonne pluie qui rince tout, l'air, les odeurs, le macadam répugnant. Mais il ne va pas pleuvoir ce soir, d'après la météo, les orages passeront plus loin. Le temps que je préfère à Paris, c'est le temps doux, océanique, un peu de crachin ne fait pas de mal. On respire enfin. J'aime la ville sous le crachin. Ou alors quand il fait doux et que le temps est clair avec des nuages, de petits cumulus de beau temps, comme au printemps. Mais pas ce temps de friture, non.
 
>> Deux photos magnifiques, sur APOD, une de Neptune et une autre d'Uranus.
25 août 2001
 
>> Un polar décalé, un roman drôle, maîtrisé, tendrement ironique, toujours intéressant et ménageant toujours le suspens malgré son improbabilité, des digressions subtiles et drôles, des formules, des trouvailles d'écritures. C'est "La grande à la bouche molle" de Philippe Jaenada. Un privé un peu amateur est embringué dans une poursuite délirante et dangereuse à travers la France et finalement New York. L'histoire n'a pas beaucoup d'importance, tout est dans le style, l'art de la formule bien vue et dans le personnage principal particulièrement réussi, privé raté, turfiste passionné, faux naïf mais vrai généreux, on aimerait être pote avec lui, faire le papier sur le coin d'un bar en sirotant un apéro et en surveillant du coin de l'œil la chaîne des courses, et se raconter des histoires. Car Jaenada sait raconter les histoires, vraiment bien, sans se prendre au sérieux. Et que peut on demander de mieux?
24 août 2001
 
>> Puisque vous insistez (!), voici en vrac mes auteurs de littérature favoris, une liste soumise à de fréquents changements, rajouts, incises, mais pas de retranchements, du moins je ne crois pas. Ce sont les auteurs dont j'emmènerais les livres sur la fameuse île déserte où j'espère ne jamais aller, il y en a bien d'autres, mais dont je n'aime pas tout où dont je n'aime qu'un livre. Encore que je n'ai pas tout lu des auteurs ci-dessous mais je sais que leur œuvre me plaît globalement:

Les américains et canadiens: John Irving, Philip Roth, Jim Harrison, Thomas McGuane, Richard Ford, Barbara Kingsolver, Saul Bellow, Garrison Keillor, Raymond Carver, T.C. Boyle, Neal Stephenson, Mark Twain, Douglas Coupeland, John Steinbeck, Caleb Carr, Ethan Canin, Paul Auster (avec quelques réserves), John Dos Passos, Kinky Friedmann, Carl Hiaasen, Robertson Davies, James Welch, Peter Matthiessen, Anne Tyler, Vladimir Nabokov, Walker Percy, Carson McCullers, Alison Lurie, Rick Bass, Melville, Henry James.

Les britanniques: P.G. Wodehouse, Julian Barnes, Reginald Hill, Peter Carey (australien), Salman Rushdie, Jonathan Coe, Terry Pratchett, Dickens, Wilkie Collins, Jane Austen, J.R.R. Tolkien, R.K. Narayan (inde), John Le Carré, David Lodge, William Boyd.

Les hispaniques: Gabriel Garcià Marquez, Paco Ignacio Taibo II, Alejo Carpenter, Manuel Vasquez Montalban, Alfredo Bryce-Echenique, Mario Vargas Llosa.

Les français et européens continentaux: Balzac, Stendhal, Le Clézio (encore que, pas tout…), Jean Echenoz, Philippe Djian, Georges Pérec, Jean-Paul Dubois, Pascal Bruckner, Albert Cohen, Jean Rollin, Milan Kundera (tchèque), Jean-Baptiste Evette, Aarto Paasilina (finlandais), Umberto Eco et Italo Svevo (italiens), Jorn Riel et Peter Hoeg (danois).

 
>> Je suis juste drogué par les livres. Un bookaholic comme dit mon neveu, qui en est un aussi. J'aime les livres, j'aime lire, en anglais et en français, j'aime m'immerger dans une bonne histoire, m'engluer dans un bon roman, (un roman qui raconte une histoire, pas un texte d'avant garde où il ne se passe rien…), mais ce n'est pas tout, j'aime apprendre des choses nouvelles, j'aime comprendre. J'aime donc aussi les essais sur tous les sujets possibles et imaginables, les biographies… Rien ne remplace les joies de la lecture, de la découverte, sinon peut être une bonne conversation. J'ai toujours plusieurs livres commencés en même temps. J'aime acheter des livres. Les perspectives d'immenses lectures qui apparaissent quand on entre dans une librairie. Je passe le meilleur de mon temps à feuilleter les bouquins dans les librairies. Les emprunter n'est pas mal, mais ce n'est pas du tout pareil, moins jouissif que la possession définitive d'un bouquin, je préfère les librairies aux bibliothèques, mais je fréquente néanmoins assidûment aussi l'"American Library of Paris", un endroit magnifique. J'achète des dizaines de livres, je ne sais plus ou les mettre et mon budget s'en ressent. Je suis drogué aux livres. Il y a pire comme drogue!
Tiens, un weblog pour les dingues de bouquins (en anglais)!

23 août 2001
 
>> Il m'est arrivé une chose incroyable: en voulant aller sur un site via un portail, l'entrée sur ce site m'a été interdite parce que j'utilise MSIE! Une fenêtre m'a ensuite demandé si je voulais télécharger Netscape. C'est la première fois que ça m'arrive. Et je ne vois pas du tout l'intérêt de ce site d'interdire l'accès aux gens qui utilisent MSIE! C'est presque du racisme.
 
>> Un truc qui m'agace de plus en plus: les prix en euro en gros et les francs en tout petit, à coté. De plus en plus de magasins font cela. Je trouve ça stupide: comme la plupart des gens je n'ai pas encore d'euros en poche, je ne peux donc pas payer dans cette monnaie, dès lors je me moque totalement que mon pain au chocolat coûte 0,75 euro. Pourquoi pas mettre le prix en dollars, en livre sterling ou en ngultrum (la monnaie du Bhoutan, ignares ;-))? Franchement! En plus ça m'induit en erreur: oh, ce truc est pas cher, ah, si, c'est le prix en euro! Qu'on mette le prix en euro en petit, à la rigueur, mais le contraire n'a aucun sens, tant qu'on a pas d'euros en poche. Le pompon c'est cette affichette repérée près de la caisse d'une boulangerie: "à cause du passage à l'euro nous prions notre aimable clientèle de bien vouloir faire l'appoint en francs"… !!
C'était le billet d'humeur.

22 août 2001
 
>> Deux articles en anglais:

-Le Guardian compare les métros de plusieurs grandes capitales mondiales, les usagers de la RATP seront surpris.

-Si à Paris on a les crottes de chien, à Pékin les gens ont la fâcheuse habitude de cracher par terre, beaucoup et souvent… (IHT)
"Walk down any street in this ancient capital, sit down in any movie theater, grab a table at almost any restaurant, and it won't be long before somebody noisily clears his or her throat and spits, usually right on the floor."

ahem!

21 août 2001
 
>> Dernière folie en date, et ce n'est pas une utopie, le" Freedom Ship", bateau de 1,3 km de long, accueillera 110 000 "citoyens" en permanente croisière avec 4000 boutiques, train intérieur, héliport et ferry en guise d'annexe, police, écoles, tout le confort moderne! A priori cette ville flottante sera surtout une sorte de prison dorée, ou ville dortoir pour super riches, à l'abri du monde, une sorte de Monaco flottant et se promenant sur les océans. En fait c'est la dernière version, radicale, des "gated community"… Sauf que l'on aura même pas à sortir de chez soi pour faire une croisière! (via Urban Monk: urbanmonk.blogspot.com).
Article en français.
 
>> Les "Crop Circles" sont ces formations circulaires tracées dans les champs de céréales, en Angleterre. Tout un monde tourne littéralement autour de ces dessins étranges, et souvent très beaux et spectaculaires: les fabricants, qui tiennent à rester anonymes, pour la beauté du geste, et les croyants, qui sont persuadés que les dessins sont faits par des extraterrestres, ou par des phénomènes paranormaux.
Cet article du Guardian explique les étranges rapports entre les fabricants de "crop circles" et ceux qui, comme Mulder, "want to believe". Ou comment les uns restent anonymes pour préserver les rêves des autres, et le mystère de leurs compositions:
"Circle makers and believers are locked to each other in a symbiotic relationship, a game with unwritten but set rules. The true "believers", cannier now than they used to be and better at spotting "fakes", are convinced that humans could not have made some of the best circles that have been appearing for more than 10 years"

Sur les "crop circles" et pour connaître les derniers découverts dans les champs du Hampshire, visitez aussi le site, qui présente de très belles images:
Crop Circle Connector .
Et aussi:
Art Bell Crop Circles
Swirled News
Crop Circle Central
Crop Circles UK


20 août 2001
 
>> Un article par David Plotz pour "Slate" (en anglais), essentiel pour comprendre la guerre larvée mais meurtrière que se livrent les israéliens et les palestiniens: à la méthode des assassinats ciblés, utilisée par Israël, répond la méthode des attentats suicides à la bombe. Malgré leur apparente irrationalité ces deux tactiques sont représentatives de chaque économie (les israéliens utilisent la technologie high-tech avec peu d'engagement et le minimum de main d'œuvre, les palestiniens utilisent une technologie artisanale, un engagement absolu et une utilisation intensive des gens) et ont leur propre perverse logique.
 
>> Comment trouvez-vous mes nouvelles couleurs? Pour tout savoir sur l'utilisation des couleurs dans une publication ou sur le web et sur la théorie des couleurs, suivez ce guide interactif, (nécessite le pluggin Flash).
Et pour choisir les couleurs de votre site web, consultez cette page absolument remarquable.

19 août 2001
 
>> Sorti pour faire une balade vespérale et de santé à Montmartre, je viens de croiser, rue du Mont-Cenis, Nilda Fernandez. Il est pas grand (vraiment pas, il m'arrive à la poitrine et je fais 1m90!).
 
>> En ce moment, comme tous les étés où je n'y vais pas, je ressens la nostalgie des Etats Unis. Pendant plusieurs années la fin août a été, pour moi, le temps du voyage en Amérique. Et ce, depuis 1993. Cette année là je fis un voyage, le premier, dans le Colorado, l'Arizona et l'Utah, qui changea, j'ose le dire, ma vie. J'y découvris l'Amérique et je n'ai cessé depuis d'y penser, de m'y intéresser, de lire et d'y retourner pour ressentir de nouveau cette admiration et cette émotion ressentie lors de ce voyage de 1993. Depuis quatre ans, hélas, le dollars étant ce qu'il est, je n'y suis pas retourné. Ce ne sera que meilleur l'année prochaine, où, coûte que coûte, je me promet de retourner là bas.

Un des grands auteurs sur l'Amérique est William Least Heat-Moon. Un connaisseur aussi:
"I can now say I've visited every county in the contiguous United States except for a handful in the Deep South, and those I'll get to soon. Put your finger at random anyplace in this United States atlas, and I've either been there or within twenty-five miles of it, but for the desert of Nevada where the gap can be about twice that."


Je viens de relire, nostalgie oblige, son grand œuvre: Blue Highways. C'est un des meilleurs livres sur l'Amérique qui soit, un récit de voyage sur les petites routes (en bleu sur les vieilles cartes), à la rencontre de gens et des lieux: les villes aux noms bizarres, Bear Wallow, Boreing, Lookingglass, Dime Box, Why, etc… Ce récit est plein d'humanité, intelligent, rempli de rencontres et de curiosités; à bord de son van surnommé "Ghost Dancing", l'auteur nous emmène à la redécouverte de l'Amérique profonde, hors des sentiers battus et des pièges à touristes, un voyage que j'aurais aimé faire et que je ferais peut-être un jour, un livre passionnant, drôle et émouvant, jamais mesquin ou pleurnichard (comme peut l'être, malheureusement souvent, Bill Bryson, hélas).

Lire aussi ses deux autres livres, le somptueux "Prairyerth" et le magnifique "River Horse".
 
>> Si vous voulez connaître les règles du Cricket sans que ça soit trop indigeste, si vous lisez l'anglais et connaissez un peu le base-ball, ce "Cricket Explained, An American viewpoint" est pour vous. Un petit exemple de ce très bon texte:
"The length of a cricket match can be whatever. Generally, the more important the match, the longer. The longest matches are the international ones, where one country pits 11 players against another country.These matches are called "tests" and last five days. They usually play eight to ten hours a day, so it's quite a long game. Scoring is in "runs" like baseball but at a much higher rate. In a test match it's quite common for each side to score over five hundred (!) runs."


 
>> Un très long interview (en anglais) de Michael Moorcock. Ils s'exprime sur ses œuvres, la littérature de genre, la politique, l'Amérique (longuement et intelligemment, et je me trouve en grande partie d'accord avec lui sur ce point, y compris sur l'immense espoir qu'il place dans la capacité du peuple américain à résoudre ses problèmes), Tolkien (très critique, et discutable) et la musique.
13 août 2001
 
>> Synthetic Zero, un des meilleurs weblog sur la planète weblog, pointe vers ce petit film totalement hilarant de l'entrée de Steve Balmer le PDG de Vous-Savez-Quoi (l'empire de Redmond!). Au début j'ai cru que c'était un montage, mais non ça à l'air authentique! Comment motiver ses troupes... Incroyable!
12 août 2001
 
>> Après 15 jours de sommeil agité, voire d'insomnie, cette nuit j'ai dormi comme un loir, hourrah!
Sur le sommeil et la meilleure façon de s'endormir, lire cet article du h2g2 guide (en anglais).
 
>> Dans la série des nouvelles religieuses cette dépêche de l'Associated Press:
HONFLEUR (AP) -- La ville d'Honfleur (Calvados) accueille à partir de ce dimanche, pour quatre jours, les reliques de sainte Thérèse de Lisieux. Plus de 150.000 personnes sont attendues. Le reliquaire arrivera par la mer dans le bassin du port où une célébration sera donnée cet après-midi avant que les cendres de la sainte ne rejoignent en procession l'église Sainte-Catherine où elles resteront jusqu'au 15 août. C'est la seule étape française de la tournée mondiale 2001 des reliques de Sainte-Thérèse, après l'Irlande en juin, Sarajevo en juillet, et avant de partir pour quatre mois au Canada.

Sainte Thérèse en tournée mondiale, ou comment l'église catholique a parfaitement et depuis longtemps maîtrisé la société du spectacle!

11 août 2001
 
>> La Chine veut choisir le prochain Dalaï Lama. Ben voyons! D'après l'actuel Dalaï Lama, son successeur sera un enfant actuel ou à venir né hors du Tibet ou hors de Chine. Dans le passé les Dalaï Lama, ou autres maîtres tibétains, ont été reconnus dans des enfants d'environ six ans. (Dans la tradition tibétaine de réincarnation, les grands maîtres choisissent de se réincarner dans un enfant, un certain nombre de signes guident les moines chercheurs vers cet enfant, quand ils l'ont trouvé ils lui font passer des tests pour s'assurer que c'est bien lui… Tout le monde n'a t'il pas vu "Little Bouddha"?). L'actuel Dalaï Lama, Tenzin Gyatso, a 66 ans. Né sous le nom de Lhamo Thondup, d'une famille de paysan du Tibet, il a été reconnu comme la réincarnation du précédent Dalaï à l'âge de deux ans. (Lire sa très bonne autobio: "Au loin la liberté" (le Livre de Poche).
 
>> Bill Clinton touchera 10 millions de dollars d'avance pour la rédaction et la publication de ses mémoires. C'est plus que le Pape! Comme quoi la sainteté ne paie finalement pas si bien! Avec les 8 millions qu'a touché sa femme pour ses mémoires à elle, ça devrait mettre le couple Clinton à l'abri des dettes (les frais des différents procès du temps où Clinton était président s'élèvent à 11,3 millions de dollars, sur lesquels le "Clinton Legal Defense Fund" a recueilli 3,9 millions). Bill a décidé de les écrire lui même, ses mémoires, sans "ghost writer". Publication en 2003.

Pourquoi j'aime bien Clinton:

1) comparé à Reagan, Bush senior et Bush junior, c'est le meilleur président américain de ces vingt cinq dernières années.
2) ses plus grandes réalisations sont, à mon humble opinion, la paix en Bosnie, la libération du Kosovo, et les accords de Camp David.
3) il est l'incarnation du rêve américain: un gars parti de rien, d'origine très modeste, qui réussit grâce à son intelligence et ses capacités de travail et qui devient président des USA.
4) marié à une femme intelligente, classe, qu'il aime et qui l'aime, il ne peut s'empêcher d'avoir un goût douteux pour les bimbos, curieusement au lieu de me le rendre antipathique ce trait de caractère me touche! (attention pas de conclusions hâtives à mon égard!). Ca me rappelle, toute proportion gardée, l'amour "essentiel" de Sartre et Simone de Beauvoir, jamais démenti, et le goût de Sartre (et de Simone) pour les "amours contingentes"!

 
>> Un endroit assez amusant qui calcule votre temps de vie en années, mois, semaines, heures etc… jusqu'au millième de seconde! Au moment de la rédaction de ce post j'en suis à 16250 jours d'existence et 389995 heures. Pfouh! (via la géniale Meg Pickard, de "not so soft", www.notsosoft.com/blog/).
10 août 2001
 
>> Bienvenue à irisenligne (mon frère) et à Captain&Books (mon neveu), dans le monde des weblogs, ou carnets de notes en ligne, ou comme vous voudrez bien appeller ces manifestations amusantes de l'égo et du partage dans le cyber-monde!
09 août 2001
 
>> Cité par Wallace Kaufman dans Coming out of the woods à propos de Thoreau:
« Les bois l’ont rendu mesquin et arrogant, ce truc de n’avoir pas besoin de civilisation était réélement une insulte à l’égard d’Emerson et d’Alcott et des intellectuels qui avaient de grandes maisons et de l’argent. S’il s’était autant plû qu’il le dit, à Walden, il serait resté là bas, mais ce qui lui plaisait vraiment c’était raconter son expérience aux gens. »

C’est un peu court, mais c’est vrai que Thoreau n’a vécu que deux ans à Walden, un endroit même pas très isolé, et qu’il a regagné ses pénates, son grenier et le confort de la maison de ses parents après, pour écrire son chef d’oeuvre. On peut se demander s’il se plaisait vraiment tant que ça à Walden.

 
>> Lu dans La route du retour de Jim Harrison:
« Un professeur m’a dit autrefois que la réalité, c’était quand vous regardiez par un trou de serrure et que quelqu’un arrivait à pas de loup derrière vous pour vous flanquer un grand coup de pied dans les couilles »

Ah! C’était donc ça!
 
>> Toujours dans la veine "nature", comment faire un jardin de papillons, en plantant des fleurs qui attirent les papillons et qui sont belles à regarder (en anglais).
 
>> Donc aujourd’hui, le temps redevenant provisoirement clément, je me suis accordé une petite confrontation avec mère nature: dégager le chemin qui mène dans la forêt. C’est une vrai jungle là dedans, les ronces ont prospéré, les fougères sont quasiment arborescentes, les petits acacias aux épines acérés poussent avec enthousiasme. Avec une faux et une cisaille me voilà mettant un terme provisoire à cette fête végétale, schlack, schlack! En cours de route je suis tombé sur un petit écosystème de papillons, des dizaines, marrons, et de plantes odorantes, j’ai fait bifurquer mon chemin un tant soit peu pour ne pas les déranger, développement durable, c’est mon principe. Parlant de durabilité, il y a fort à parier que mon modeste défrichage ne tiendra pas bien longtemps: chaque année je retrace le sentier dans la même exhubérance végétale et même à la fin de l’été rien ne garanti que les plus grosses et plus vivaces des plantes n’aient pas réhenvahi mon petit passage.

En traçant mon petit sentier ce matin je me sentais toujours un peu coupable de saccager de belles plantes, gorgées de vie et de sève, des ronces et des fougères surtout. Pourquoi cette culpabilité? Je pensais aux plantes que le sort avait mis sur mon passage, attendant sans pouvoir rien faire le passage mortel de ma faux. Evidemment je n’ai pas pu m’empêcher d’en faire un peu de philosophie à trois sous: les plantes n’ont d’autres choix que d’attendre le passage de la cisaille, elles ne peuvent pas fuir, mais tant que je ne suis pas passé dessus elles vivent, sans peurs et sans expectations, elles sont juste là. Et quand je serai passé leurs racines resteront pour repousser cette année ou la prochaine, les tiges coupées iront pourrir quelque part sur le sol, s’y intégrant, y faisant vivre des centaines de micro-organismes et devenant engrais pour les prochaines pousses... En cours de route je suis tombé sur une grosse limace rouge que j’ai déplacé avec respect et sur un gros escargot que j’ai laissé bien collé à sa feuille de chêne basse.

Dans un mêtre carré de forêt déboisée, où la végétation d’herbes et de broussailles, du fait de l’absence de grands arbres captant l’énergie lumineuse, tend à être luxuriante, il y a des centaines d’espèces de plantes, des dizaines de minuscules petits animaux, invertébrés et vertébrés. Désir de décrire cette luxuriance de vie. Tout à un nom, une classe. Envie d’être exhaustif, absolument. Pourquoi? Je suis heureux de savoir que tout peut être décrit précisément, qu’il n’existe pas un brin d’herbe, pas un micro-organisme qui ne soit catalogué quelque part. Toute puissance du nom, de l’homme qui nomme tous les êtres!

Hier, alors qu’un fort vent d’ouest soufflait, j’ai repéré un rapace, assez gros, faisant du surplace face au vent, ailes écartées. Il restait parfaitement immobile une minute avant de décrocher et de se remettre un peu plus loin dans la même position dans le lit du vent. Comment il faisait ça, mystère! J’aurai cru qu’il eut reculé poussé par le vent, mais non, immobile, parfaitement positionné et à l’aise, il était.
A l’Essart, ce 9 Août 2001.

08 août 2001
 
>> Si vous passez par la Touraine ou par l’Anjou, et que vous avez une journée à perdre (vous savez ces longues journées où vous ne savez pas quoi faire, où les enfants ont désespérément besoin de faire un tour qui leur change un peu les idées), allez au Zoo de Doué La Fontaine, près de Saumur. Je connais ce zoo depuis ma tendre enfance, c’est là que j’ai eu la vocation (déçue jusqu’à maintenant, mais qui m’a tenue jusqu’à au moins 12 ans) de devenir gardien de zoo, à l’âge où les enfants veulent tous être pompier ou policier. C’était là que deux fois par an mes parents m’emmenaient et ces visites étaient un de mes plus grand plaisir d’enfance (avec les crêpes). Je viens de visiter aujourd’hui à nouveau ce zoo, je peux le dire c’est un des meilleurs zoo que j’ai visité en Europe. J’ai un peu de honte à l’avouer, je suis un fan de zoo. Mais pendant longtemps ceux-ci étaient des prisons à animaux. Bon, d’accord ce sont toujours des prisons, mais désormais la plupart des zoos sont des prisons de luxe et contribuent à la sauvegarde d’espèces menacées de part le monde. C’est le cas du zoo de Doué ou dans un cadre magnifique de carrières et d’étangs évoluent un nombre incroyable d’animaux, certains très rares comme les léopards des neiges. Les animaux sont beaux, en bonne santé évidente, aucun n’a le syndrome de la bête enfermée (faisant des allées et venues maniaques d’un bout à l’autre de sa cage). Les enclos sont vastes et pourtant très bien aménagés pour le visiteur qui a toujours une bonne vue des animaux. Pas de surpopulation, ni dans le camp des animaux ni dans le camp des humains. Le décor est luxuriant de végétation diverse joliment aménagée, des panneaux didactiques sont très bien placés, le parcours bien fléché. Beaucoup d’animaux sont rares et ne se voient que rarement dans un zoo: les loups à crinière, les léopards des neiges déjà cités, les hippopotames pygmés, les ours à collier, les lémuriens, les pandas roux, les chauves souris... La visite de ce zoo est un plaisir.
Zoo de Doué La Fontaine, 19 km au sud-ouest de Saumur dans le Maine et Loire.

06 août 2001
 
>> Pas de post avant mercredi ou jeudi, merci d'être venu, visitez les archives, il y a plein de trucs passionnants!

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